La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, s'adresse à la presse à l'issue de la réunion du Conseil des gouverneurs de la BCE, au siège de la BCE à Francfort, en Allemagne, le 5 février 2026.
Selon le Financial Times, la présidente de la BCE envisagerait de quitter ses fonctions avant l'échéance de son mandat de huit ans. Mais la principale concernée affirme qu'aucune décision n'est prise. La question de son départ reste sensible.
Du ramdam ce mercredi matin dans les salons feutrés de la Banque centrale européenne. L'origine de cet émoi : une information du Financial Times selon laquelle Christine Lagarde, la présidente de la BCE, envisagerait de quitter ses fonctions avant l'échéance de son mandat de huit ans. Celui-ci s'achève en octobre 2027, avant l'élection présidentielle française prévue en avril de la même année.
Le quotidien financier, qui s'appuie sur une seule source anonyme, explique que cet éventuel départ permettrait aux dirigeants français et allemand de s’accorder sur un successeur à la tête de cette institution clé pour l'UE. Emmanuel Macron, qui ne peut briguer un troisième mandat présidentiel, voudrait tout particulièrement peser sur ce choix, et ce, dans un contexte politique européen jugé sensible, avec le poids électoral croissant de dirigeants populistes, voire eurosceptiques. Notamment le Rassemblement national en France.
Pas de décision prise, selon Christine Lagarde
Publié vers 6h20 ce mercredi, l'article a tout de suite provoqué une baisse de 0,16 % de l'euro, à 1,18 dollar. Mais c'était sans compter la réaction de la principale concernée.
Vers 9 heures ce matin, un porte-parole de l'institution indique que Christine Lagarde n'a pris « aucune décision » sur un éventuel départ anticipé. « La présidente Lagarde est totalement concentrée sur sa mission et n’a pris aucune décision concernant la fin de son mandat », affirme ce porte-parole, dans un courriel reçu par l’AFP.
Un mandat marqué par plusieurs crises
Christine Lagarde est arrivée à la tête de la BCE en novembre 2019, après avoir dirigé le Fonds monétaire international, et occupé plusieurs postes de ministre en France (Économie et Finances, Commerce international, Agriculture). Depuis sept ans, cette figure du « leadership féminin » occupe un poste clé des institutions européennes, la BCE ayant pour rôle d'assurer la sécurité et la solidité du système bancaire européen.
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Pour mémoire, sa nomination a été le fruit d'un « deal » entre la France et l'Allemagne. Les deux premières économies de l'UE avaient fait du lobbying pour que Lagarde soit nommée à la BCE, et Ursula von der Leyen à la tête de la Commission européenne.
Le mandat de Christine Lagarde a été marqué par une succession de crises majeures, d'abord la pandémie de Covid-19, puis la guerre d'invasion russe en Ukraine, avec la poussée inflationniste inédite qui a suivi (jusqu'à 10 % au sein de l'UE). Plus récemment, la dirigeante a dû affronter les turbulences économiques liées au « bazooka douanier » lancé par le président américain Donald Trump en avril 2025.
Déjà des candidats à la succession
Ces derniers mois, plusieurs médias économiques se sont fait l'écho de candidatures informelles à la succession de Christine Lagarde. Klaas Knot, ancien gouverneur de la Banque centrale des Pays-Bas, serait un challenger probable.
Autres volontaires : le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, tout comme Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE. Ou encore Pablo Hernández de Cos, actuel directeur général de la Banque des règlements internationaux (BRI) et ex-gouverneur de la Banque d’Espagne. Mais pour rappel, la nomination officielle ne peut intervenir que via les chefs d’État et de gouvernement de la zone euro. Les candidats devront donc les convaincre.