Une étude publiée par le Conseil d’analyse économique, jeudi 16 octobre, chiffre à 150 milliards d’euros l’effort budgétaire que devra réaliser l’Hexagone d’ici 2031 pour tenter de stabiliser sa dette publique.Près de 150 milliards d’euros. C’est le montant que devrait dégager l’Hexagone, d’ici 2031, pour stabiliser sa dette publique. Ce chiffrage est issu d’une étude publiée jeudi 16 octobre par le Conseil d’analyse économique (CAE), un organisme rattaché à Matignon. Pour y parvenir, les sept auteurs de l’étude ont réalisé un « panorama de 170 leviers budgétaires » activables, sans pour autant formuler de recommandations précises.
La publication du Conseil d’analyse économique a été dévoilée deux jours après le dépôt, mardi 14 octobre, par le gouvernement du projet de loi de finances (PLF) et du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026. Deux textes dont l’examen au Parlement va pouvoir débuter après le rejet, jeudi 16 octobre, de deux motions de censure – l’une déposée par La France insoumise (LFI) et l’autre par le Rassemblement national (RN) et l’Union des droites pour la République (UDR).
Constatant une situation « préoccupante » des finances publiques, l’équipe d’économistes a d’abord cherché à « estimer l’ampleur de l’ajustement budgétaire nécessaire pour stabiliser la dette ». Une dette qui a franchi le seuil des 3 400 milliards en valeur fin juin, et qui a « progressé rapidement ces dernières années de 109,8 % du PIB en 2023 à 113 % en 2024, puis 116,2 % en 2025 ». Elle pourrait même atteindre 117,9 % en 2026, selon l’avis rendu, mardi, par le Haut conseil des finances publiques (HCFP) sur le PLF et le PLFSS.
Un effort de 150 milliards d’euros
Pour reprendre le contrôle de la dette, la stabiliser, mais aussi pouvoir faire face à de nouvelles crises, le Conseil d’analyse économique a calculé que l’Hexagone devrait réaliser un effort, au minimum, de 112 milliards d’euros. Un chiffre auquel les économistes considèrent qu’il faut ajouter 36 milliards d’euros qui correspondent au « déficit tendanciel » (6 milliards d’euros par an), soit « l’écart entre l’évolution des dépenses et des recettes à politique inchangée ». Au total, le CAE chiffre à 148 milliards d’euros l’effort budgétaire à mener pour stabiliser la dette publique.