Budget 2026 : Lescure veut rétablir la surtaxe sur les grandes entreprises
latribune.fr
Roland Lescure appelle à " avancer vite " pour aboutir à un budget, alors que le texte doit revenir jeudi devant la commission des finances, avant un examen en séance publique à l'Assemblée nationale dès la semaine suivante.
Supprimée par le Sénat, la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises pourrait faire son retour dans le projet de loi de finances pour 2026. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, juge cette contribution indispensable pour parvenir à un compromis budgétaire et contenir le déficit public.
Le gouvernement n’entend pas renoncer. Dimanche, le ministre de l’Économie Roland Lescure a plaidé pour la réintroduction de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises dans le projet de loi de finances pour 2026, après sa suppression par le Sénat.
« Je regrette qu’on soit rendu là, mais ça fait partie des leviers. Le Sénat l’a supprimée, moi je souhaite qu’on la rétablisse », a-t-il déclaré sur franceinfo. « Ça fera partie des discussions qu’on aura dans les jours qui viennent », a-t-il ajouté, se disant « convaincu » que cette mesure est nécessaire au compromis budgétaire.
L’exécutif entend utiliser cette surtaxe comme un outil pour ramener le déficit public à 5 % du produit intérieur brut l’an prochain. « Il faut que tout le monde contribue », insiste Roland Lescure, y compris « les grandes entreprises qui gagnent bien leur vie ».
Le ministre reconnaît toutefois le caractère politiquement sensible de la mesure. « Déposer un amendement portant la surtaxe sur l’impôt sur les sociétés des très grandes entreprises à 6 milliards d’euros, je ne l’ai pas fait de gaieté de cœur », a-t-il concédé. « Je l’ai fait parce que je suis convaincu que ça fait partie du deal ».
Dans sa version initiale, le gouvernement tablait sur quatre milliards d’euros de recettes issues de cette surtaxe – contre huit milliards l’an dernier. Le montant avait ensuite été porté à six milliards lors des débats à l’Assemblée nationale, avant d’être ramené à zéro par les sénateurs.
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Une mesure devenue hautement politique
La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a regretté samedi dans Le Figaro la politisation croissante du dispositif. « Cette contribution – pourtant relativement consensuelle jusqu’alors – devient un objet politique », a-t-elle déploré. « Elle permet pourtant de financer la baisse d’un impôt de production important, la CVAE, pour 270 000 entreprises. On est très loin du délire fiscal que certains décrivent aujourd’hui », a-t-elle insisté, appelant à « trouver un chemin » entre le « tout ou rien ».
Roland Lescure a, de son côté, appelé à « avancer vite » pour aboutir à un budget, alors que le texte doit revenir jeudi devant la commission des finances, avant un examen en séance publique à l’Assemblée nationale dès la semaine suivante. « Il y a une volonté d’aboutir », a-t-il assuré, évoquant des échanges récents « avec des forces dites républicaines » et appelant chacun à « mettre de l’eau dans son vin ».
Faute d’accord avant le 31 décembre, une loi spéciale a déjà été votée afin d’assurer provisoirement la continuité de l’État. Un palliatif qui accroît la pression sur l’exécutif, sommé de trouver rapidement une majorité pour faire adopter son budget.