Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies : « Les patrons français protègent le pays »
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Patrick Pouyanné, PDG Total Énergies, à Paris, le 17 décembre.
LTD/Denis Allard/Leextra pour La Tribune Dimanche
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Patrick Pouyanné, PDG Total Énergies, à Paris, le 17 décembre.
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L’offensive militaire américaine au Venezuela, plus grand détenteur de réserves pétrolières au monde, n’est pas la première tempête affrontée par Patrick Pouyanné. Le patron de TotalEnergies, 62 ans, a pris ses fonctions le 22 octobre 2014 – deux jours après la mort de son prédécesseur, Christophe de Margerie, qui l’avait repéré dès 2022. Et n’a jamais cessé depuis de gérer de multiples bouleversements sectoriels, nationaux et planétaires.
Fils d’un inspecteur des douanes basque et d’une fonctionnaire des PTT ariégeoise, ce surdoué en maths a intégré Polytechnique, puis le corps des Mines. Après des débuts dans une usine de chips, puis dans les cabinets ministériels (auprès d’Édouard Balladur et de François Fillon), « Papou » a rejoint Elf Aquitaine en 1997, trois ans avant son rachat par Total. Sous sa direction, le quatrième pétrolier mondial s’est – au contraire de ses concurrents – diversifié dans les énergies renouvelables et l’électricité.
Tout en restaurant sa capacité financière. Père de quatre enfants (une fille et trois garçons, tous diplômés de grandes écoles), grand-père, voyageur passionné, le patron de TotalEnergies, qui nous a reçus le 17 décembre dernier, a su réfréner des colères volcaniques pour choisir un management moins éruptif. Sa devise ? « Vouloir, c’est pouvoir ».
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LA TRIBUNE DIMANCHE — L’équilibre géopolitique mondial a subi de multiples bouleversements en 2025, mais l’énergie reste au cœur de tous les enjeux. D’où la toute-puissance américaine ?
PATRICK POUYANNÉ — Je pense qu’effectivement – et plus que jamais – l’énergie se retrouve au cœur non seulement de l’économie, mais de la géopolitique. Le basculement majeur de ces quinze dernières années, très bien analysé par le président américain, repose sur la mutation des États-Unis dans ce domaine clé. Le pays était importateur de pétrole et importateur de gaz en 2005 : des terminaux d’importation de gaz y ont même été construits sans avoir été utilisés. Pourquoi ? Parce que, grâce à la révolution du pétrole et du gaz de schiste, les États-Unis sont devenus doublement exportateurs depuis les années 2015-2020. Ils sont aujourd’hui le plus gros producteur de pétrole mondial. Et sont également en passe de devenir le plus gros producteur et exportateur de gaz naturel liquéfié. C’est un immense bouleversement. L’expression d’« energy dominance » utilisée par Donald Trump prend tout son sens dans ce contexte : les dynamiques internationales dans leur ensemble en ont été transformées.