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Économie

Le choc politique qui a coupé l'élan de la France : la croissance 2025 plafonne à 0,8%

Photo de Agathe Perrier

Agathe Perrier

Publié le 02 décembre 2025 à 11:04

L’OCDE mise sur une croissance en légère hausse pour la France en 2026 et 2027, à 1 %.

L’OCDE mise sur une croissance en légère hausse pour la France en 2026 et 2027, à 1 %.

CLH/EM/ - REUTERS - Eduardo Munoz

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INFOGRAPHIE. Deux démissions de Premiers ministres et une forte incertitude ont plombé le climat économique national. Alors que l'OCDE revoit ses chiffres à la baisse pour la France, comment le pays parvient-il tout de même à limiter la casse et à se maintenir au-dessus de ses voisins comme l'Allemagne ?

Le climat de tension de l’année 2025 aura eu raison de la croissance française. Celle-ci n’atteindrait que 0,8 % cette année, d’après les projections de l’OCDE, publiées ce mardi dans ses « Perspectives économiques ». Ce serait moins que son niveau de 2024 – 1,2 % selon l’Insee – mais plus que les précédentes estimations de l’organisation internationale, qui tablait encore en juin sur une croissance de 0,6 %.

La faute à qui ? À l’instabilité politique principalement. « La forte incertitude qui a prévalu sur le plan intérieur, en 2025, année marquée par la démission de deux Premiers ministres, a pesé sur la croissance », estime l’OCDE. La situation aurait pu être pire si les exportations du secteur aéronautique n’avaient pas contrebalancé le phénomène.

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La suite dépendra toujours des élus français. « L’incertitude politique actuelle continuera à freiner la demande intérieure pendant un certain temps », présage l’institution. Surtout si le budget, actuellement en cours d’examen, n’est pas voté d’ici la fin de l’année. L’OCDE mise donc sur une croissance en légère hausse pour 2026 et 2027, à 1 %.

Comparé aux autres grandes économies du bloc européen, la France ne s’en sort pas si mal. Sa croissance est toutefois inférieure à celle de la moyenne de la zone euro. Et l’ensemble des pays partageant la monnaie unique font pâle figure par rapport aux autres poids lourds économiques que sont les États-Unis, la Chine et l’Inde. Rien n'est toutefois acquis pour personne.

L’Europe fait preuve de résilience

L’Allemagne devrait voir sa croissance atteindre difficilement 0,3 % cette année, une prévision de l’OCDE plus basse encore que celle de juin (0,4 %). La première économie de l’Union européenne a elle aussi subi les conséquences d’une incertitude liée à l’action publique, à la suite de la formation d’un nouveau gouvernement au printemps. Pays très exportateur, l’Allemagne a en outre été touché par les hausses des droits de douane imposées par les États-Unis.

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La guerre commerciale devrait également avoir des répercussions sur l’Italie, dont la croissance n’est attendue par l’OCDE qu’à 0,5 % en 2025, en recul par rapport à juin (0,6 %). A contrario, celle de l’Espagne pourrait atteindre 2,9 %. Ce serait moins que l’année précédente (3,5 % en 2024) mais largement au-dessus de la moyenne de la zone euro, estimée à 1,3 %.

Pour les deux années à venir, l’OCDE prévoit que « la croissance devrait gagner de la vigueur, grâce à la robustesse de la consommation privée et à un rebond des échanges » dans les pays qui partagent la monnaie unique. Mais l’organisation se veut prudente en raison d’une possible « aggravation des tensions commerciales », le président américain Donald Trump ayant déjà montré à quel point il peut être imprévisible.

Les États-Unis résistent

De l’autre côté de l’Atlantique justement, l’économie américaine a bien résisté d’après l’OCDE. Elle la prévoit à 2 % en 2025, alors qu’elle tablait sur 1,6 % en juin. L’institution s’attendait alors à des répercussions plus importantes des hausses des droits de douane. C’est finalement surtout la dégradation du marché de l'emploi, l’inflation persistance et la récente paralysie budgétaire – le shutdown le plus long de l’histoire du pays – qui devraient entraîner la croissance américaine à la baisse par rapport à 2024, où elle s’était affichée à 2,8 %.

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L’avenir ne s’annonce pas radieux pour le pays de l’Oncle Sam. Car la consommation des ménages et la contribution des achats publics, qui ont soutenu la forte croissance du PIB ces dernières années, devraient ralentir. Si bien que l’économie pourrait reculer encore en 2026, à 1,7 %, avant de repartir légèrement à la hausse l’année suivante (1,9 %).

La Chine et l’Inde restent vigoureuses

Bien que très loin de ses niveaux à deux chiffres, la croissance de la Chine devrait demeurer inchangée en 2025 par rapport à l’année précédente, à 5 %. La première économie asiatique reste toutefois embourbée dans une crise dont elle peine à se défaire, liée à son secteur immobilier en difficulté, une consommation morose et un marché du travail faible.

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L’OCDE se veut toutefois confiant, estimant que la Chine est en capacité de « préserver une croissance raisonnablement vigoureuse à moyen terme » si elle engage des « réformes structurelles ambitieuses », notamment concernant la création d’entreprise, l’application des réglementations environnementales ou la protection sociale. Elle entrevoit néanmoins pour l’heure un fléchissement de la croissance sur les deux prochaines années, à 4,4 % en 2026 puis 4,3 % en 2027.

La palme du dynamisme revient à l’Inde. Le pays fait une fois de plus figure de champion régional de la croissance, avec un niveau attendu à 6,7 % sur l’exercice 2025-2026. C’est toutefois très en retrait par rapport au 8,2 % du précédent, la faute à une inflation élevée. Si elle est aujourd’hui stabilisée, les hausses des droits de douane ont pesé sur les exportations indiennes et devraient encore avoir de l’impact les deux prochaines années. Si bien que l’OCDE table sur une croissance en recul en 2026-2027, à 6,2 %, avant de remonter à 6,4 % l’exercice suivant.

Agathe Perrier

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