Croissance meilleure qu'attendue, inflation stable... l'économie française tient bon

L'économie française a bénéficié durant l'été d'une poursuite du rebond de l'aéronautique.
Rémi Benoit

L'économie française a bénéficié durant l'été d'une poursuite du rebond de l'aéronautique.
Rémi Benoit
Deux bonnes nouvelles pour l’économie française ce vendredi. La première, c’est que la croissance, qui a « accéléré » au troisième trimestre, a atteint 0,5 % entre juillet et septembre, confirme ce vendredi l’Insee dans ses résultats détaillés. C’est mieux que la stagnation en Allemagne et en Italie, et presque autant que l’Espagne (+0,6 %). C’est surtout mieux qu’attendu : la prévision initiale de l’Insee anticipait une croissance de 0,3% au troisième trimestre, comme au deuxième trimestre, après + 0,1% au premier.
Cette surperformance laisse augurer que la France dépassera la croissance de 0,7 % attendue par le gouvernement en 2025. L’acquis de croissance, c’est-à-dire ce que serait la croissance annuelle si le produit intérieur brut (PIB) n’évoluait plus du tout en fin d’année, est de 0,8 % à la fin septembre. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, avait salué, après l’estimation provisoire de l’Insee fin octobre, « une performance remarquable », dans une réaction transmise à l’AFP : « Malgré les soubresauts politiques et les incertitudes internationales, nos entreprises investissent, exportent et font progresser le pays. »
Mais cette croissance française est en trompe-l’œil. Et pour cause, l’économie française a surtout bénéficié durant l’été d’une poursuite du rebond de l’aéronautique, qui avait été pénalisé depuis le Covid par des problèmes d’approvisionnement, expliquait à l’AFP fin octobre Stéphane Colliac, économiste chez BNP Paribas. Airbus a augmenté en septembre le rythme de ses livraisons, une hausse de production perçue comme « un phénomène durable » pouvant se traduire, « en année pleine, par 0,3 ou 0,4 point de croissance », détaillait-il.
Selon les résultats détaillés de l’Insee ce vendredi, la croissance du PIB est notamment portée par une hausse des exportations (+ 3,2%). Parmi les exportations, l’Insee constate une « très forte hausse des exportations de matériels de transport (+ 13,4%) ». « Au total, la contribution du commerce extérieur à l’évolution du PIB est positive », explique l’institut, tout comme « la demande intérieure finale hors stocks », qui contribue à hauteur de 0,3 point à la croissance du PIB ce trimestre. En revanche, la variation des stocks a pesé négativement sur la croissance.
De son côté, la consommation des ménages continue d’augmenter légèrement, grâce à un rebond des dépenses en énergie (+1,3 %) qui compense le repli des dépenses en produits alimentaires (-1 %). Mais leur pouvoir d’achat « se replie nettement », avertit l’Insee, avec une baisse de 0,4 % au troisième trimestre, sous l’effet combiné du ralentissement des prestations sociales, des impôts versés qui « accélèrent légèrement » (+1,4 %), et d’un prix à la consommation qui « repart à la hausse » (+0,5 %).
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Mécaniquement, le taux d’épargne des ménages est en baisse, à 18,4 % au troisième trimestre contre 18,7 % au trimestre précédent. Au cœur des débats du projet de loi de finance toujours en cours au Parlement, les dépenses publiques ont augmenté de 2,6 milliards d’euros au troisième trimestre, mais moins que les recettes publiques (+2,7 milliards d’euros), qui ont augmenté « sous l’effet du rebond des impôts sur le revenu et le patrimoine ». « Ainsi, le besoin de financement des administrations publiques demeure quasi stable au troisième trimestre », affirme l’Insee.
La deuxième bonne nouvelle, c’est l’inflation. Les prix à la consommation ont augmenté en France de 0,9% sur un an en novembre, comme en octobre, selon une estimation provisoire de l’Insee publiée ce vendredi. Cette stabilité de l’inflation s’explique « par un ralentissement des prix des services » et par une « diminution plus soutenue des prix des produits manufacturés », a précisé l’Institut national de la statistique et des études économiques dans un communiqué.
Les prix des services ont augmenté de 2,2 % en novembre, après 2,4 % en octobre, « tirés à la baisse par les services de communication ». Les prix de l’énergie baissent de 4,6%, à un rythme un peu moins soutenu qu’en octobre (-5,6 %) tandis que les prix de l’alimentation progressent de 1,4 %, contre 1,3 % en septembre, malgré l’accélération de la baisse des prix des produits frais (-2,8 %, contre -2,2 % en octobre). La hausse des prix du tabac s’est stabilisée à 4,1 %, comme en septembre et octobre.
Sur un mois, les prix à la consommation se replient de 0,1 % en novembre, après +0,1 % en octobre, en raison de la baisse « des prix des services, notamment ceux des services de transports et des services de communication, et dans une moindre mesure de la baisse des prix des produits manufacturés ».
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L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), qui permet les comparaisons au niveau européen, a augmenté de 0,8% en novembre par rapport au même mois un an plus tôt. Comparé au mois d’octobre, il se replie de 0,2%.
(Avec AFP)