Crise politique : un projet de budget sera déposé lundi affirme Sébastien Lecornu
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Sébastien Lecornu a aussi estimé ce soir qu'Emmanuel Macron pourra nommer un nouveau Premier ministre dans "les 48 heures".
REUTERS - Michele Tantussi
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Sébastien Lecornu a aussi estimé ce soir qu'Emmanuel Macron pourra nommer un nouveau Premier ministre dans "les 48 heures".
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Encore une fois, le monde politique était ce mercredi soir suspendu à une nouvelle prise de parole du Premier ministre démissionnaire. Dans une interview au journal de 20h de France 2, Sébastien Lecornu a partagé ses conclusions suite aux « ultimes négociations » menées durant 48h avec l'ensemble des forces politiques.
Première clarification, le chef du gouvernement démissionnaire a confirmé qu'un nouveau projet de budget sera bien déposé lundi prochain, date limite pour que la France soit dotée d’une plateforme budgétaire avant la fin d’année. Ce budget « ne sera pas parfait », a-t-il précisé. « C’est un budget dans lequel même il y a beaucoup à débattre, parce que c’est un budget qui avait été plutôt imaginé pour que le débat ait lieu », a dit le Premier ministre démissionnaire, au micro de Léa Salamé.
Et de préciser : « Toutes les forces politiques, hors RN et LFI, m’ont dit qu’il fallait un budget en décembre ». Une clé, selon lui, pour que « la crise politique se dénoue ». Et Sébastien Lecornu d'affirmer que la prochaine copie budgétaire devra viser moins de 5 % de déficit.
Est-ce qu'il sera celui qui négociera cette future copie, dans l'hypothèse qu'Emmanuel Macron le renomme à Matignon ? « Non, ma mission est terminée désormais », a répondu clairement ce très proche du président de la République.
« J’ai démissionné parce qu’un certain nombre de conditions n’étaient plus remplies », a-t-il expliqué. « Je ne vais pas retourner dans quelque chose dans lequel les conditions n’auraient pas changé. Je suis un moine soldat, ce soir ma mission est terminée ». Et celui qui a officié pendant plus de trois ans en tant que ministre des Armées, d'estimer qu'Emmanuel Macron pourra nommer, selon lui, un nouveau Premier ministre « dans les 48 prochaines heures ».
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Quant à la perspective d'une éventuelle suspension de la réforme des retraites, le Premier ministre démissionnaire a affirmé que c'est à « son successeur de décider s'il faudra rouvrir le débat », tout en concédant que « c’est le dossier le plus difficile ». Et de détailler sa pensée : « Il y a ceux qui demandent la suspension et ceux qui sont opposés. Mais il faut réaliser que si on augmente la dépense, il faudra de la recette en face. »
Sur l'idée d'un départ d'Emmanuel Macron avant la fin de son mandat, Sébastien Lecornu a aussi tranché : « Ce n’est pas le moment de changer de président de la République. » Le risque, selon lui, est de fragiliser les institutions, la démocratie, et créer un précédent dans l'histoire de la Vè République.
Cette nouvelle sortie médiatique de Sébastien Lecornu intervient après une séquence politique très mouvementée. Après deux semaines de discussion avec les partis politiques de tous bords, le chef de l'exécutif démissionnaire a finalement annoncé la composition de son gouvernement dans la soirée du dimanche 6 octobre.
Le lendemain, aux alentours de 9h30, coup de théâtre : l'Élysée annonce la démission de Sébastien Lecornu, qui une heure après, explicite sur le perron de Matignon les raisons de cette décision. « On ne peut pas être Premier ministre quand les conditions ne sont pas remplies », admet-il. Juste avant de fustiger « le réveil de quelques appétits partisans » à l'occasion de ses négociations.
Après une après-midi où tous les regards se sont tournés vers le président de la République Emmanuel Macron, l'Élysée annonce avoir demandé au chef du gouvernement de lancer d'« ultimes négociations » afin d'établir une « plateforme d'action » pour la « stabilité du pays ». En d'autres termes, rendre possible la formation d'un nouveau gouvernement. Tous au long des deux jours, plusieurs discussions avec les responsables de chaque parti se sont tenues, avec toutefois certains absents comme le RN et LFI.
Une interview du Parisien mardi soir d'Élisabeth Borne, ministre de l'Éducation démissionnaire est venue bousculer les négociations. Dans celle-ci, celle qui a été cheffe du gouvernement en 2022 se dit « favorable » à une suspension de la dernière réforme des retraites. Une mouture qu'elle a elle-même portée, et qui a suscité une bronca sociale sans précédent en France.
La potentielle « suspension » de la réforme des retraites a suscité ce mercredi de nombreux débats dans chacune des forces politiques du pays. Notamment au sein du camp d'Emmanuel Macron, chez les députés Renaissance. Certains d'entre eux ont vivement exprimé leur réticence à suspendre ce qui est pour eux un des « héritages » majeurs de la présidence Macron. Comme autre argument, les concernés ont mis en garde contre le coût pour les finances publiques d'un tel geste. « Des centaines de millions en 2026 et des milliards en 2027 », a même chiffré le ministre de l’Économie démissionnaire, Roland Lescure, sur France Inter ce mercredi matin.
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Dans un rapport publié en février, la Cour des comptes indiquait qu’un retour à un âge de départ à 63 ans – l’âge légal de départ atteignant 64 ans en 2032 – dégraderait les finances publiques à hauteur de 13 milliards d’euros en 2035. Concrètement, 5,8 milliards d’euros relèveraient d’une hausse des dépenses de retraite et 7,2 milliards d’euros seraient liés à une perte de recettes publiques, hors cotisations retraites.
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