Entrée indirecte de JD.com au capital de Fnac Darty : voici les conditions posées par Bercy
latribune.fr
Un agent de sécurité devant un magasin Fnac Darty à Paris. Alors que JD. com s’apprête à devenir le deuxième actionnaire du groupe, le gouvernement français assure que le distributeur conservera une gouvernance totalement indépendante.
Le groupe chinois JD.com a accepté les conditions imposées par Bercy pour devenir indirectement le deuxième actionnaire de Fnac Darty, sans aucun rôle dans la gouvernance. Un engagement destiné à préserver l’indépendance culturelle et stratégique du distributeur français, alors que JD. com finalise le rachat de Ceconomy.
Le géant chinois de l’e-commerce JD.com a accepté les conditions posées par Bercy pour devenir de manière indirecte le deuxième actionnaire de Fnac Darty, a indiqué mercredi le ministre de l’Économie, Roland Lescure sur France Inter. Soulignant que Fnac n’était « pas un commerçant comme un autre »,Roland Lescure a affirmé s’être entretenu avec le groupe JD. com pour le « sensibiliser au caractère culturel du commerce en question et (…) pour poser des conditions. Ils les ont acceptées ».
« Ces conditions sont très simples, a-t-il explicité. Ils vont rester un actionnaire (…) dormant, aucun droit de gouvernance, aucun impact sur la gestion de l’entreprise. »« On passe d’un actionnaire allemand à un actionnaire chinois, qui n’aura aucun impact ni sur la gestion, la gouvernance », a-t-il ajouté.
JD s’engage à ne pas augmenter sa participation au capital de Fnac
JD. com, qui veut renforcer sa présence en Europe, est en cours de finalisation du rachat, pour quelque 2,2 milliards d’euros, du distributeur allemand Ceconomy, qui détient 22 % du capital du distributeur français, ce qui en fait le deuxième actionnaire derrière le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky (28 %). En septembre, face à l’arrivée attendue de JD. com au capital de Fnac Darty, le ministère de l’Économie avait demandé au groupe chinois de déposer une demande d’examen au titre du contrôle des investissements étrangers en France (IEF), ce qu’il a fait.
Cette procédure visant à préserver les intérêts économiques de la France dans certains secteurs sensibles n’était finalement pas applicable dans ce cas, a expliqué Bercy à l’AFP, ajoutant avoir néanmoins demandé à JD. com de respecter certaines conditions dans le cadre de l’opération.
Parmi ces dernières, outre la non-intervention dans la gestion, « JD et Ceconomy se sont engagés à ne pas augmenter leur participation au capital de Fnac » et à ne pas en prendre le contrôle, selon le ministère de l’Économie. « La gouvernance de Fnac, qui est composée d’administrateurs indépendants, ne sera pas modifiée », a-t-il ajouté.
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Le directeur général de Fnac Darty, Enrique Martinez, a dit mercredi avoir « pris acte des annonces du ministre de l’Économie et des Finances et des garanties obtenues par le gouvernement de la part de JD. com dans l’hypothèse où le rachat de Ceconomy serait mené à son terme ». « Ceconomy n’est pas représenté au conseil d’administration et n’aura pas d’influence directe ou indirecte dans la gouvernance de notre groupe, qui pourra ainsi continuer à déployer sa feuille de route stratégique », a-t-il ajouté dans une réaction écrite transmise à l’AFP.
JD. com a par ailleurs lancé en France sa plateforme de vente en ligne Joybuy, où l’on trouve tous types de produits, de l’électronique aux vêtements, en passant par de l’alimentaire.