Casino : ce qu'il faut savoir avant les propositions de restructuration dévoilées ce jeudi

Casino est passé sous le contrôle du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky en 2024.
DWC - REUTERS - DAVID W CERNY

Casino est passé sous le contrôle du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky en 2024.
DWC - REUTERS - DAVID W CERNY
Les faits. C'est ce jeudi que Casino (Monoprix, Franprix, Cdiscount…) doit dévoiler les nouvelles propositions de restructuration des créanciers pour alléger le poids de sa dette. Le groupe « rendra public le 5 mars, post-clôture du marché (boursier, NDLR), les nouvelles propositions formulées par les différentes parties prenantes », a-t-il indiqué mardi.
Casino, passé sous le contrôle du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky en 2024, après des années de pertes et de surendettement, doit rembourser 1,4 milliard d'euros en mars 2027, et a engagé fin 2025 des négociations avec ses créanciers (banques et fonds anglo-saxons) pour diminuer ce montant.
Ce qui est attendu ce jeudi. Selon une source proche du dossier, France Retail Holdings (FRH), détenu majoritairement par Daniel Kretinsky et actionnaire principal du groupe Casino, se dit prêt à apporter 400 millions d'euros, pour une dette contenue à 900 millions d'euros (soit un abandon de 500 millions d'euros de créances).
« Les discussions intervenues à ce stade traduisent un réel intérêt des différentes parties prenantes », notamment FRH, « pour injecter un montant de fonds propres significatif dans le groupe », a confirmé Casino dans un communiqué de presse.
Dans les épisodes précédents. En novembre, FRH avait réclamé de baisser sa dette à 800 millions d'euros (soit un abandon de 600 millions d'euros de créances) en échange d'une augmentation de capital de 300 millions d'euros.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Revenue au cœur des spéculations depuis plusieurs mois, la dette de Casino avait été allégée de près de 5 milliards d'euros au moment d'une première restructuration, en 2024, qui s'était traduite par le départ du PDG historique, Jean-Charles Naouri. Mais elle a de nouveau augmenté, grimpant à 1,4 milliard d'euros au premier semestre 2025, contre 1,2 milliard d'euros six mois plus tôt.
Le groupe, dirigé désormais par Philippe Palazzi, a vendu la quasi-totalité de ses hyper et supermarchés français et mise désormais sur la proximité et la restauration à emporter.
Les résultats annuels attendus fin mars. Casino a annoncé fin janvier des ventes à 8,26 milliards d'euros, en baisse de 2,5 % sur un an, mais en légère hausse de 0,5 % à périmètre comparable, un millier de magasins ayant été fermés ou vendus l'an dernier. Le groupe a annoncé qu'il repoussait jusqu'au 31 mars au plus tard la publication de ses résultats annuels dans leur totalité, en raison de « la poursuite des négociations » concernant sa « structure financière ».
« Casino reste pleinement mobilisé pour aboutir comme initialement prévu, d’ici à fin juin 2026, à une solution équilibrée et sécurisée donnant au groupe les moyens financiers de mettre (en) œuvre son plan Renouveau 2030 », a-t-il répété mardi.
Quelles perspectives d'ici à 2030 ? Casino a confirmé en novembre dernier ses objectifs financiers pour 2028 : volume d'affaires de 15 milliards d'euros, croissance annuelle moyenne du chiffre d'affaires de 2024 à 2028 de 0,8 %, bénéfice brut d'exploitation (Ebitda) ajusté, un indicateur de rentabilité, à 500 millions d'euros.
À lire également
À l'horizon 2030, le groupe vise un volume d'affaires de 15,8 milliards d'euros, un Ebitda ajusté de 644 millions d'euros, et des « économies additionnelles de plus de 150 millions d'euros sur 2029-2030 ». De quoi convaincre les créanciers et parer à la possible menace d'une prise de contrôle par des fonds étrangers et/ou d'une vente à la découpe ?
(Avec AFP)
Après chaque consultation médicale, le gouvernement veut afficher la facture de la Sécu par SMS
Transparence salariale : la France accélère la transposition sous pression européenne
Budget : le gouvernement pris dans un scénario noir
Moins nombreux et plus diplômés : le profil des nouveaux immigrés en France