Les États-Unis ont publié lundi de nouvelles directives à l'intention des navires commerciaux transitant par le détroit d'Ormuz, alors que les tensions persistaient entre Washington et Téhéran au sujet du programme nucléaire iranien.
« Il est recommandé aux navires commerciaux battant pavillon américain qui transitent par » les eaux territoriales iraniennes « de rester aussi loin que possible de la mer territoriale iranienne sans compromettre la sécurité de la navigation ». Ce sont les nouvelles directives publiées sur le site web de l'Administration maritime du département des Transports des États-Unis ce lundi.
Celles-ci précisent également que les équipages doivent refuser verbalement l'autorisation d'arraisonner qui leur serait demandée par les forces iraniennes. « Si les forces iraniennes abordent un navire commercial battant pavillon américain, l’équipage ne doit pas opposer de résistance par la force à l’équipe d’abordage », est-il indiqué, selon Reuters.
La semaine dernière, un pétrolier américain a été approché par des bateaux armés iraniens dans le détroit d'Ormuz, avant de poursuivre sa route, selon la société de sécurité maritime Vanguard Tech. Le navire Stena Imperative a été approché par six petits bateaux des Gardiens de la Révolution, « alors qu'il traversait le détroit d'Ormuz, à environ 16 milles marins au nord d'Oman ».
Le détroit d'Ormuz revient sous les projecteurs
Les bateaux l'ont contacté par radio, ordonnant au capitaine « d'arrêter les moteurs et de se préparer à être arraisonné », mais le pétrolier a augmenté sa vitesse et poursuivi sa route, explique la société britannique en précisant qu'il n'était pas entré dans les eaux territoriales iraniennes. Le détroit d'Ormuz a été le théâtre de plusieurs incidents dans le passé.
L'Iran a déjà menacé de le fermer, une partie se trouvant dans ses eaux territoriales, et a parfois arraisonné des navires commerciaux et des pétroliers traversant la zone, les accusant de contrebande. Passage clé pour le transport mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié, il est revenu sous les projecteurs en raison des tensions entre l'Iran et les États-Unis.
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Washington et Téhéran ont renoué vendredi le dialogue à Oman, pour la première fois depuis la guerre de 12 jours déclenchée par une attaque surprise d'Israël en juin et à laquelle s'était jointe brièvement l'armée américaine afin de cibler le programme nucléaire iranien. A Oman, les deux parties avaient salué une atmosphère positive même si « une profonde méfiance subsiste », selon le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi.
Les négociations nucléaires vont se poursuivre
Le chef de la diplomatie iranienne a déclaré vendredi dernier que les négociations nucléaires avec les États-Unis, menées sous l'égide d'Oman, avaient bien débuté et allaient se poursuivre, des propos susceptibles d'apaiser les craintes qu'un échec des négociations ne précipite le Moyen-Orient dans la guerre.
L'Iran souhaite des discussions centrées sur son programme nucléaire, martelant son droit à enrichir l'uranium à des fins civiles, alors que les pays occidentaux l'accusent de chercher à se doter de la bombe atomique. Washington souhaite que les discussions portent également sur les missiles balistiques iraniens, le soutien aux groupes armés dans la région et les droits de l'homme.
Le secrétaire de la plus haute instance de sécurité en Iran, Ali Larijani, est arrivé ce mardi à Oman, lieu des récents pourparlers entre Téhéran et Washington sur le nucléaire, selon l'agence de presse Irna. Il doit s'entretenir avec le sultan d'Oman, Haitham ben Tariq, et le ministre des Affaires étrangères Badr al-Busaidi, a précisé l'agence. De son côté, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou doit rencontrer mercredi Donald Trump à Washington, pour tenter de le convaincre d'adopter une ligne plus dure face à Téhéran sur le programme de missiles iraniens et la sécurité d'Israël.