L'emploi américain meilleur qu'attendu en janvier, une baisse des taux d'intérêt à court terme s'éloigne

L'emploi américain est déterminant pour la future politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed).
Reuters

L'emploi américain est déterminant pour la future politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed).
Reuters
Un rapport très attendu. Déterminant pour la future politique monétaire de la Fed, l'emploi américain était très attendu ce mercredi. Pour le mois de janvier, le marché du travail aux États-Unis s'est mieux porté que ce qui était attendu, avec 130 000 créations d'emplois et un taux de chômage en recul à 4,3 %, selon le rapport officiel publié en début d'après-midi.
Les analystes pensaient que les États-Unis créeraient autour de 55 000 emplois et que le chômage resterait inchangé à 4,4 %, selon le consensus publié par MarketWatch. Les experts se montraient moins optimistes après que Kevin Hassett, principal conseiller économique de Donald Trump, a dit lundi « s'attendre à des chiffres de l'emploi légèrement inférieurs » aux prévisions.
Dans le détail, des emplois ont été créés dans le secteur de la santé, du travail social et de la construction, tandis que la finance et le gouvernement fédéral en ont détruit, rapporte le service statistique du ministère américain du Travail (BLS).
Depuis son retour au pouvoir il y a un an, Donald Trump a poussé un grand nombre de fonctionnaires vers la sortie. « Depuis le pic atteint en octobre 2024, le gouvernement fédéral compte 327 000 employés en moins, ce qui représente une baisse de 10,9 % » des effectifs, est-il souligné.
Un report en raison du shutdown. La publication du rapport, initialement programmée en fin de semaine dernière, a été reportée de quelques jours en raison d'une brève paralysie budgétaire (« shutdown ») qui a mis les employés du BLS au chômage technique. Le document comprend des révisions pour les précédents mois, notamment ceux de novembre et décembre, pendant lesquels le pays n'a pas créé autant d'emplois que ce qui avait été estimé.
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La baisse des taux s'éloigne. Avec ces chiffres meilleurs qu'attendus, la perspective d'une baisse des taux à court terme s'éloigne. C'est lorsque l'emploi est faible que la Réserve fédérale américaine (Fed) peut baisser ses taux pour soutenir l'activité économique, ce qui est favorable aux actions. Les investisseurs tablent désormais sur trois baisses de taux cette année, selon Bloomberg. Mais deux cadres de la Fed ont plaidé mardi pour la prudence et le maintien, pour l'instant, des taux inchangés, en raison de l'inflation élevée. La perspective d'une baisse des taux en mars lors de la prochaine réunion de la Fed est ainsi passée de 20 % à 6 % entre hier et aujourd'hui, selon l'Outil CME FedWatch.
Les conséquences pour le dollar. En revanche, « une partie du pessimisme sur le dollar devrait disparaître » et permettre à ce dernier de remonter un peu, selon Francesco Pesole, d'ING. Vers 15 heures, heure française, le billet vert gagnait 0,24 % par rapport à la monnaie unique européenne, à 0,8427 dollar pour euro, et chutait de 0,44 % contre le yen, à 153,72 dollars pour un yen. La monnaie américaine subit plus largement un climat d'incertitude lié à « la question de l'indépendance » de la Fed, qui est comme « une épée de Damoclès suspendue au-dessus du dollar », explique Antje Praefcke, analyste chez Commerzbank.Malgré un certain soulagement récent sur ce point lié au profil de celui que Donald Trump a dit vouloir mettre à la tête de l'institution, Kevin Warsh, les pressions répétées du président américain sur la Fed et ses membres et sa volonté de faire baisser les taux directeurs continuent de plomber structurellement le dollar.
La Bourse américaine salue les chiffres. La Bourse de New York a ouvert, pour sa part, en hausse après ces chiffres de l'emploi bien meilleurs qu'anticipé aux États-Unis, et rassurant – à première vue – les investisseurs sur l'état de santé de l'économie américaine. Dans les premiers échanges, le Dow Jones prenait 0,44 %, l'indice Nasdaq avançait de 0,77 % et l'indice élargi S&P 500 gagnait 0,61 %. « C'est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle pour les investisseurs », note Sam Stovall, de CFRA. « D'un côté, cela nous éloigne considérablement du précipice de la récession, mais de l'autre, cela implique un report de la prochaine baisse des taux » de la Réserve fédérale (Fed).
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Et maintenant ? La veille, les investisseurs ont fraîchement accueilli la publication de ventes au détail plus faibles qu'attendu au mois de décembre. Cela peut « être une menace majeure pour une économie où la consommation est le principal moteur de la croissance », justifie Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank. Les marchés attendent aussi l'indice des prix à la consommation (CPI) américain pour janvier, vendredi.
(Avec AFP)