Feuille de route énergétique : les renouvelables entre soulagement et crainte sociale
latribune.fr
La PPE doit fixer les trajectoires de production à l'horizon 2 030 et 2035, après plusieurs reports liés aux divisions politiques sur le partage entre nucléaire et renouvelables.
Les acteurs des énergies renouvelables saluent les premières annonces de la future programmation énergétique présentée par le Premier ministre Sébastien Lecornu, tout en alertant sur les risques pour leurs filières industrielles. Le solaire et l’éolien restent sous surveillance, alors que des mobilisations de salariés sont prévues mardi à Montpellier et à Paris.
Après des mois de tensions sur l’équilibre entre nucléaire et renouvelables, l’exécutif tente de rassurer. Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) s’est dit soulagé par la confirmation d’une programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) sur dix ans, jusqu’en 2 035. « Il est important que Sébastien Lecornu ait confirmé qu’il y aura bien une PPE (…) qui ne va pas mettre sous le boisseau le solaire et l’éolien », a déclaré à l’AFP son président Jules Nyssen.
Reçus à Matignon vendredi, les représentants du secteur assurent avoir obtenu la garantie qu’il n’y aurait « pas de moratoire » sur ces technologies, avec la confirmation d’appels d’offres pour développer de nouvelles capacités.
Si les annonces sont accueillies positivement, la prudence demeure. La priorité donnée à la remotorisation des parcs éoliens existants « ne suffira pas à atteindre les objectifs d’électrification », estime Jules Nyssen, qui plaide aussi pour l’ouverture de nouveaux champs éoliens « en bonne intelligence avec les élus et les territoires ». Il appelle également à revoir certains plafonds aériens civils et militaires qui freinent l’installation d’éoliennes de grande puissance.
La peur d'un recul des ambitions
La PPE doit fixer les trajectoires de production à l’horizon 2 030 et 2035, après plusieurs reports liés aux divisions politiques sur le partage entre nucléaire et renouvelables. La crainte principale porte sur la capacité de la feuille de route à maintenir l’outil industriel français. Dans le solaire, Jules Nyssen rappelle que 30 GW sont déjà installés et que 10 GW supplémentaires disposent d’autorisations. « Si l’objectif était fixé à 40 GW en 2030, cela équivaudrait à un moratoire », avertit-il.
Deux projets d’usines géantes sont cités en exemple : Holosolis, en Moselle, et Carbon, à Fos-sur-Mer, qui représenteraient un potentiel théorique de 5 000 emplois. Au total, éolien et solaire compteraient entre 80 000 et 120 000 emplois directs en France.
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De son côté, France Renouvelables estime qu’un recul des ambitions pourrait conduire à la suppression de 30 000 à plus de 40 000 postes, selon les scénarios. Dans ce contexte, deux rassemblements de salariés sont annoncés mardi : l’un à Montpellier, l’autre devant l’Assemblée nationale à Paris. Objectif : alerter sur la multiplication des plans sociaux et peser sur les arbitrages gouvernementaux avant la publication officielle de la PPE.