Venezuela : Trump ouvre la porte aux pétroliers américains, sans lever l’embargo
latribune.fr
Donald Trump a déclaré lors d'une conférence de presse qu'il autoriserait les groupes pétroliers à se rendre sur place afin d'exploiter les réserves de brut du pays, tout en maintenant l'embargo pétrolier imposé à Caracas.
Donald Trump a annoncé vouloir autoriser les grandes compagnies pétrolières américaines à exploiter les immenses réserves du Venezuela, tout en maintenant l’embargo sur le brut vénézuélien.
Donald Trump affiche de grandes ambitions pour les « très grandes compagnies pétrolières américaines, les plus importantes au monde » au Venezuela, quelques heures après la capture de Nicolas Maduro, désormais détenu à New York. Samedi, le président américain a déclaré qu’il autoriserait ces groupes à se rendre sur place afin d’exploiter les réserves de brut du pays, tout en maintenant l’embargo pétrolier imposé à Caracas.
« Elles vont se rendre sur place, dépenser des milliards de dollars, réparer des infrastructures gravement endommagées et commencer à générer des revenus pour le pays », a affirmé Donald Trump lors d’une conférence de presse en Floride. Dans le même temps, il a insisté : « L’embargo sur tout le pétrole vénézuélien reste pleinement en vigueur. »
Selon l’Agence internationale de l’énergie, le Venezuela disposait en 2023 d’environ 303 milliards de barils de réserves prouvées, soit près de 17 % des réserves mondiales. Un potentiel considérable, largement sous-exploité.
Washington impose des sanctions économiques au Venezuela depuis 2017. En janvier 2019, lors de son premier mandat, Donald Trump avait instauré un embargo pétrolier destiné à asphyxier une économie très dépendante de ses exportations d’or noir. Début 2025, au commencement de son second mandat, il a mis fin aux licences permettant à certaines multinationales d’opérer malgré les sanctions.
Seul l’américain Chevron bénéficie encore d’une exception, strictement encadrée : le groupe n’est plus autorisé à verser des revenus au pouvoir en place. En partenariat avec l’entreprise publique PDVSA, il exploite quatre champs pétroliers dans le pays.
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Avec un peu moins d’un million de barils par jour selon l’Opep, le Venezuela est aujourd’hui loin de ses niveaux de production du début des années 2000, lorsqu’il dépassait les trois millions de barils quotidiens. Des années de mauvaise gestion et de corruption ont lourdement pesé sur le secteur.
Un pétrole bradé au marché noir
En raison de l’embargo américain, Caracas est contraint d’écouler son pétrole sur le marché noir, avec de fortes remises, principalement vers l’Asie. Washington a en parallèle imposé un « blocus total » aux pétroliers sous sanctions faisant escale au Venezuela.
De qualité inférieure, le brut vénézuélien est surtout transformé en diesel ou en sous-produits comme l’asphalte, plutôt qu’en essence. Les États-Unis disposent toutefois, autour du golfe du Mexique, de raffineries conçues depuis des décennies pour traiter ce type de pétrole lourd.
Pour Stephen Schork, analyste du cabinet Schork Group, « les États-Unis se portent très bien sans le pétrole vénézuélien ». Selon lui, l’intérêt américain est avant tout « politique ».
Les démocrates dénoncent pour leur part une dérive impérialiste. « Les États-Unis ne devraient gérer d’autres pays sous aucun prétexte », a estimé le sénateur démocrate Brian Schatz, mettant en garde contre « les guerres sans fin et les changements de régime porteurs de catastrophes pour les Américains ».