Il n’a pas manqué de superlatifs pour vanter les mérites des soldats de la force Delta qui ont capturé dans la nuit de vendredi à samedi le dictateur vénézuélien dans l’intimité de l’une de ses résidences. « J’ai regardé [la capture] littéralement comme j’aurais regardé une émission télévisée », a déclaré Donald Trump sur Fox News pour rendre compte de sa satisfaction à voir « en direct » les événements de la nuit à Caracas depuis les caméras fichées sur les casques des commandos de la force Delta.
Maduro, depuis quelques semaines, changeait pourtant fréquemment d’endroit pour dormir afin de déjouer toute menace contre sa vie. Selon la chaîne CNN, une petite équipe de la CIA dépêchée clandestinement à Caracas dans le courant de l’été dernier traquait le président dans ses moindres faits et gestes.
L’intention de Donald Trump, bien que ses proches aient prétendu, jusque devant les commissions spécialisées du Congrès, vouloir faire partir Maduro pacifiquement, était bien de préparer et de faire exécuter son ordre de se « débarrasser » de l’homme fort du régime vénézuélien. Déjà en septembre 2018, en marge de son premier discours aux Nations unies, Donald Trump avait annoncé la couleur : « Franchement, le régime de Nicolás Maduro pourrait être renversé très rapidement par l’armée si les militaires décidaient de le faire. »
À l’époque, il pensait à un coup de force interne, une révolution de palais qui permette à l’opposition de gouverner. Dans la foulée, l’épouse de Maduro, arrêtée elle aussi hier pour être déférée devant un tribunal fédéral de New York, avait été placée sous sanctions du Trésor américain.