Éolien : l’espagnol Iberdrola déserte la France, ses parcs cédés à une entreprise tricolore

Iberdrola disposait d’un parc de 60 éoliennes en France
Iberdrola

Iberdrola disposait d’un parc de 60 éoliennes en France
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C’est certainement une conséquence directe des hésitations énergétiques de la France. Après les remous politiques autour de la programmation pluriannuelle de l’énergie, le développeur Iberdrola a annoncé, ce 24 février, avoir finalisé la cession du parc éolien détenu par sa filiale française. L’ensemble comprend 60 éoliennes pour une puissance de 118 mégawatts (MW) ainsi qu’un portefeuille de projets éoliens et solaires équivalent à 639 MW.
La finalisation de l’accord intervient dans un contexte de mouvement dans les actifs liés aux énergies renouvelables. La semaine dernière, le suédois Vattenfal a cédé ses actifs en France à Alterna Énergie. En janvier, c’est l’allemand RWE qui lâchait ses parcs éoliens en Suède.
Iberdrola, quant à lui, quitte la France, mais les énergies renouvelables ne sont pas en reste puisque l’heureux nouveau propriétaire du parc se nomme Technique Solaire. Un nom peu connu dans le domaine mais qui n’en demeure pas moins un acteur de poids. La société fondée en 2008 et basée dans la Vienne développe et exploite des parcs solaires et des méthaniseurs principalement. Elle a levé près d’un milliard d’euros en deux ans et réalisé un chiffre d’affaires de 326 millions d’euros en 2025.
Avec la transaction, le développeur vient diversifier ses activités. Les 118 MW acquis à Iberdrola vont alimenter un parc d’énergies renouvelables dont la puissance s’élève déjà à 800 MW. Une vingtaine de salariés va rejoindre les 300 collaborateurs implantés en France mais aussi en Espagne, aux Pays-Bas et en Inde.
« Le marché de l’électricité évolue rapidement et la question de l’acceptabilité des énergies renouvelables sur les réseaux est devenue extrêmement importante. Il y a une complémentarité naturelle entre le solaire photovoltaïque et l’éolien, qui produisent à des moments différents. À terme, on veut proposer un apport d’électricité relativement stable tout au long de l’année, en utilisant le solaire l’éolien et le stockage », détaille à La Tribune Lionel Themine, cofondateur et directeur des finances de Technique Solaire.
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La reprise des parcs déjà installés permet de gagner énormément de temps. « Faire de l’éolien à partir de rien, c’est se confronter à un horizon beaucoup trop lointain pour nous », cadre-t-il. Les délais de développement s’étalent en effet entre 7 et 11 ans dans la majorité des cas.
Encore néophyte sur l’énergie du vent, l’entreprise veut vite s’approprier son nouveau terrain de jeu. Elle envisage notamment un renouvellement de puissance, un « repowering » en anglais. Une opération qui consiste à remplacer des turbines vieillissantes par des engins de dernière génération, plus imposants et plus puissants. La capacité installée pourrait ainsi grimper de 20 à 50 % environ.
« Sur la base des parcs existants, on peut installer des matériels plus récents, plus puissants et ainsi contribuer à renforcer la puissance éolienne sans augmenter le nombre de mâts », vise le dirigeant.
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Une stratégie qui émerge de plus en plus dans le secteur, tandis que les premiers parcs éoliens mis en service en France dans les années 2000 arrivent au bout de leur exploitation. Pour renouveler les parcs sur des zones déjà favorables, les développeurs peuvent ainsi procéder à une augmentation de puissance. EDF a par exemple souhaité renouveler 70 éoliennes en 2025.