Anne-Isabelle Étienvre, de l’infiniment petit aux grands défis du CEA
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Anne-Isabelle Etienvre est la première femme à la tête du CEA depuis sa création il y a 80 ans.
AFP - JOE KLAMAR
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Anne-Isabelle Etienvre est la première femme à la tête du CEA depuis sa création il y a 80 ans.
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De quoi est faite la matière ? Comment évolue-t-elle ? Qu'y a-t-il à l'intérieur des molécules et des atomes ? Ces questions fascinent depuis une trentaine d'années Anne-Isabelle Etienvre, nouvelle administratrice générale du CEA et toute première femme aux manettes de cette immense maison, regroupant quelque 22 000 salariés, depuis sa création il y a 80 ans. A 49 ans, elle a succédé, en juillet dernier, à François Jacq, lequel a été nommé à la tête de l'agence spatiale française.
Créé au lendemain de la seconde guerre mondiale afin de permettre à la France d'explorer les propriétés de l'atome et d'en maîtriser ses applications, le Commissariat à l'énergie atomique est né de l'ordonnance du 18 octobre 1945 signée par le général de Gaulle. « Le contexte actuel résonne avec beaucoup d'acuité avec les missions fondatrices du CEA », souligne la dirigeante, alors que la nouvelle donne géopolitique porte au tout premier plan les enjeux de défense nationale et de souveraineté énergétique.
Outre son rôle clef dans la relance du nucléaire aux côtés d'EDF, Framatome et Orano, le CEA occupe une place centrale dans la dissuasion nucléaire. En 2024, les programmes de défense portés par l'organisme au sein de la très stratégique direction des applications militaires (DAM) ont représenté près de 3 milliards d'euros, en hausse de 10% par rapport à 2023. Cela représente peu ou prou 50% du budget total du CEA légèrement supérieur à 6 milliards d'euros.
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Entrée au CEA en 2003, Anne-Isabelle Etienvre y a effectué la quasi-totalité de sa carrière. Issue d'une famille littéraire, cette normande d'origine, passée par Madrid lorsque son père fut nommé directeur de la Casa de Velázquez, se donne pour défi personnel « de faire autre chose ». Après un stage d'été au Centre européen pour la recherche nucléaire (CERN), « je suis tombée amoureuse de la physique des particules », raconte depuis le siège du CEA celle qui cultive également une passion pour la philosophie. « L’intérêt pour la compréhension des briques élémentaires de la matière n’est pas seulement scientifique : il nous ramène à l’origine du monde et à ce que nous sommes », expose Anne-Isabelle Etienvre, qui convoque aussi bien Lucrèce et son De natura rerum que les écrits de Gaston Bachelard.
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