Chez Soitec, le vent tourne vite. Mais le climat reste frileux. Depuis plusieurs mois, le fabricant de plaques dédiées à l'industrie des semi-conducteurs essuie des résultats en berne, à l'image d'une grande partie des acteurs de son secteur, qui ne profitent pas tous de la vague de l'IA.
Après les soubresauts d'une seconde crise de gouvernance essuyée en juin dernier, où les syndicats s'étaient levés contre le projet d'augmentation de la rémunération de son directeur général Pierre Barnabé, celui-ci avait annoncé, quelques semaines plus tard, son départ de la société. Depuis le 1er avril, Soitec a changé de gouvernail, avec l'arrivée d'un nouveau directeur général, cette fois en provenance de l'industrie des semi-conducteurs, en la personne de Laurent Rémont, jusqu'alors senior vice-président du fabricant allemand de semi-conducteurs Infineon Technologies. Une arrivée plutôt bien accueillie par les marchés lors de son annonce, en janvier dernier.
Il faut dire que ce diplômé de l’École nationale supérieure d’électronique et de radiocommunication de Grenoble (Enserg - Grenoble INP, UGA) est du « sérail » : après avoir débuté sa carrière chez Philips Consumer Lifestyle, il avait une première fois rejoint l'Isère en dirigeant l’architecture système et le marketing technique des décodeurs pour STMicroelectronics, entreprise au sein de laquelle il avait ensuite occupé plusieurs fonctions (division Connected home, R&D).