Démarchage téléphonique : le gendarme de l’assurance sonne la fin de la récré pour les centres d’appels hors d’Europe
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Pour les professionnels de l'assurance, cette mise au point de l'ACPR sonne comme un avertissement.
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Pour les professionnels de l'assurance, cette mise au point de l'ACPR sonne comme un avertissement.
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L’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) met un coup de projecteur sur une pratique qui a la vie dure dans le secteur de l’assurance : le démarchage téléphonique réalisé depuis des pays situés en dehors de l’Espace Économique Européen (EEE). Dans un communiqué, l’institution, qui fait office de gendarme pour les banques et les assurances en France, rappelle fermement à l’ordre les assureurs et courtiers. La consigne est claire : le recours à des prestataires de services basés hors de l’EEE pour la distribution de contrats d’assurance sur le territoire français est une ligne rouge. Cette mise en garde, loin d’être anodine, s’appuie sur une série de constats alarmants. L’ACPR a en effet mis en lumière, lors de ses contrôles, des manquements répétés à la réglementation en vigueur, orchestrés principalement depuis l’Afrique du Nord, mais aussi, dans une moindre mesure, depuis Madagascar ou l’île Maurice.
Le cœur du problème réside dans les méthodes employées par ces plateformes. L’ACPR dénonce des pratiques commerciales jugées « peu vertueuses », voire « agressives ». Parmi les abus les plus fréquents, on trouve la requalification abusive d’appels non sollicités en appels sollicités, une manœuvre qui permet de contourner la réglementation sur le consentement préalable. Le régulateur pointe du doigt des cas concrets où des profils vulnérables, notamment des personnes âgées, sont la cible de ces assauts commerciaux. L’objectif : leur faire souscrire des complémentaires santé ou des assurances pour leurs animaux domestiques, souvent sans une compréhension totale des termes du contrat.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que ces plateformes opèrent dans une zone grise juridique, loin des regards et des sanctions directes de l’ACPR. Pour le consommateur français, il devient difficile de faire valoir ses droits en cas de litige, ajoutant une couche de complexité et de frustration.
L’ACPR ne se contente pas de pointer du doigt les prestataires. Elle engage aussi, et surtout, la responsabilité de l’ensemble de la chaîne. Des assureurs qui conçoivent les produits aux intermédiaires grossistes qui les distribuent, en passant par les vendeurs finaux, tous sont mis face à leurs obligations. La réglementation sur la distribution des produits d’assurance, formalisée en 2016, est pourtant sans ambiguïté : seuls les acteurs de l’EEE sont habilités à opérer sur le marché français. Ce rappel à l’ordre est donc une piqûre de rappel nécessaire, visant à restaurer la confiance dans un secteur où les scandales de démarchage abusif se multiplient.
Au-delà de l’aspect réglementaire, cette affaire soulève des questions de souveraineté économique et de protection des données. Confier la gestion des données personnelles et les opérations de vente à des entités situées hors de l’EEE expose potentiellement les consommateurs français à des risques accrus. L’ACPR, en agissant, cherche à préserver l’intégrité du marché français de l’assurance et à garantir que les consommateurs ne soient pas les victimes collatérales de pratiques commerciales dévoyées.
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Pour les professionnels de l’assurance, cette mise au point de l’ACPR sonne comme un avertissement. Ils sont désormais sous surveillance accrue et devront revoir leurs partenariats pour s’assurer de leur pleine conformité avec la législation française et européenne. Le message est clair : la sous-traitance à l’international ne doit en aucun cas se faire au détriment de la protection du consommateur et du respect des règles. Le coût potentiel d’une non-conformité, en matière de sanctions financières et de réputation, pourrait largement dépasser les économies réalisées.
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Quant aux particuliers, l’ACPR leur adresse un conseil direct et simple : « Si vous n’êtes pas intéressé(e) par l’offre, n’hésitez pas à raccrocher. » Une recommandation qui, bien que pragmatique, souligne la difficulté pour les consommateurs de se prémunir contre des appels incessants et parfois menaçants. Cette injonction à la vigilance confirme que la lutte contre le démarchage abusif est un combat quotidien, pour le régulateur comme pour le grand public.
(Avec AFP)
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