Aya frappe avec « Destinée », La Femme enflamme Bercy : la pop française monte le son
Éric Mandel et Alix Van Pée

Découvrez notre sélection musique de la semaine.
LTD/Mathieu César - Fifou - SAM QUEALY
Éric Mandel et Alix Van Pée

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LTD/Mathieu César - Fifou - SAM QUEALY

Avant ses trois concerts au Stade de France en mai prochain (240.000 billets écoulés en un clignement de cils), Aya Nakamura signe son retour avec son cinquième album, Destinée. Un titre un rien pompeux mais qui résume assez fidèlement le parcours hors du commun d’Aya Coco Danioko, devenue en moins d’une décennie la patronne incontestée de la pop urbaine française. Ce nouvel opus efficace mais sans prise de risques excessive devrait de nouveau affoler les compteurs.
Au menu, 17 titres entre saveurs afro-caribéennes (No Stress), R’n’B lascive (Obsession), reggae solaire (Dis-moi, avec la chanteuse jamaïcaine Shenseea), afro-breat (le puissant Tralala, en duo avec l’Anglo-Nigérian JayO) et reggaeton taillé pour le dancefloor (Bueno). Destinée s’ouvre en beauté avec Anesthésie, une ballade sombre et introspective dans laquelle Aya Nakamura se pose en guerrière blessée par les trahisons et coups de vice, mais toujours conquérante (« Je suis sensible mais rancunière »).
Le reste de l’album célèbre son thème de prédilection, l’amour, décliné dans tous ses états comme le journal intime de sa vie sentimentale trépidante (coup de foudre, rupture douloureuse, étreintes charnelles). Au risque de la redondance, même si la diva, tour à tour fleur bleue ou femme alpha, remporte la mise par la richesse de sa palette vocale et son art de la punchline quand elle toise ses prétendants : « T’aimes trop les folles comme moi, assume, faut du cardio, j’te l’avais dit. »

L’influent groupe de pop français La Femme s’apprête à donner un ultime concert à Bercy. Tout a commencé par une histoire de vagues. Logique : Marlon Magnée et Sacha Got, les fondateurs du groupe de pop-rock La Femme, ont grandi à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques). « Sur la planche, sur la vague, je recherche des sensations », répétait une voix féminine sur leur annonciateur et premier morceau, Sur la planche (2013). Sur une batterie prononcée, comme un pied qu’on frapperait au sol avec le désir d’en découdre, l’air, hautement addictif, devint un tube. Et La Femme (cinq musiciens et une chanteuse), l’un des piliers de la pop française.
Ce mercredi, le groupe se produira à l’Accor Arena devant 15.000 personnes, et la soirée s’annonce bouillonnante. Car en six albums studio, les deux têtes pensantes du groupe ont exploré de multiples genres : new wave, surf rock, électro… Le groupe polymorphe a réalisé le rêve de bien des artistes : créer un style. Il y a un son La Femme, fait de voix féminines haut perchées et de synthés eighties. Dans leur univers fantomatique et sensuel se déploient des chansons d’amour et de fête. Pour célébrer leur concert, justement, interpréteront-ils le sautillant Lâcher de chevaux (qui aurait pu être une BO, moderne, de La Folie des grandeurs) ?
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Car le groupe les lâche littéralement, les chevaux, en se séparant pour un temps : Sacha produit et compose pour d’autres artistes et Marlon lance sa carrière solo. Que les fans se rassurent : son premier titre, Nuage gris, est dans la lignée de La Femme. « Faut pas se faire du souci ! » chante Marlon Magnée.
Éric Mandel et Alix Van Pée