Liberté, liberté chérie. La chronique de Philippe Vandel

Découvrez la dernière chronique de Philippe Vandel.
LTD

Découvrez la dernière chronique de Philippe Vandel.
LTD
💃 « Je n’ai jamais été capable de vivre toute une vie avec le même homme, dans la même maison. Je suis une solitaire intermittente. Je ne suis pas une solitaire, mais j’ai besoin de solitude. » Ce sont ses mots à elle. « Nathalie Baye, une femme libre ». C’est le titre de Public, qui la décrit « discrète, farouchement attachée à sa liberté ».
TF1 titre pareillement : « Nathalie Baye : une femme libre », et explicite : « Nathalie Baye menait une vie privée très publique, une vie amoureuse marquée par une grande liberté. » La comédienne fait la une de Point de vue : « Une femme de pudeur et de liberté ». La plupart des articles dressent la liste des « hommes de sa vie » : Philippe Léotard, Johnny Hallyday, Jean-Louis Borloo, Pierre Lescure. Libre, mais casée.
👩❤️💋👨 « Une femme libre et remarquable ». Le sourire de Nathalie Baye barre aussi la une de Paris Match, qui lui consacre 32 pages. La semaine dernière, la couverture était occupée par Charlotte Casiraghi et Nicolas Mathieu (« La quarantaine amoureuse »), et celle d’avant par Jordan Bardella et Maria Carolina Bourbon des Deux-Siciles (« L’idylle que personne n’attendait »). Remontons d’une semaine : Loana. Et précédemment : Isabelle Mergault. Et encore avant : Bruno Salomone. Ce constat : depuis mi-mars, pour faire la une de Match, il faut mourir ou être en couple avec une princesse.
📘 La liberté se trouve partout cette semaine. « C’est en homme libre que j’ai quitté l’hôtel de Matignon. Et c’est en homme libre que j’ai entendu tracer la suite de ma route. » Le Monde a trouvé ces nobles phrases dans le livre que publie cette semaine Gabriel Attal. Analyse : « L’ancien Premier ministre de 37 ans n’a pas pu échapper au passage obligé de la publication d’un livre. » S’il n’a pas échappé au passage obligé, c’est qu’il n’est pas si libre que ça, si ?
🔊 Sur RTL, face à l’ancien Premier ministre, Alex Vizorek sort le fusil à deux coups : « Je ne suis pas certain du titre : En homme libre… Est-ce une bonne idée de choisir un titre qu’aurait pu choisir Nicolas Sarkozy pour son prochain essai à la sortie de son prochain séjour à la Santé ? »
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

👨❤️👨 L’ouvrage d’Attal aborde la dissolution de l’Assemblée en 2024, ses ambitions présidentielles et… sa sexualité. Libération regrette : « Pas encore candidat, déjà en campagne. [L]’ancien Premier ministre en dit peu sur son programme pour 2027 et beaucoup sur sa vie. » Comment faire parler de lui ? Avec l’intelligence artificielle. Quelques jours avant la sortie du livre, le parti Renaissance a décidé de publier des visuels générés par IA.
👨💻 Un fiasco rapporté par le HuffPost : « On y voit Emma Watson, Rosalía ou encore Cristiano Ronaldo lire l’ouvrage. Ils ont tous mis cinq étoiles au nouveau livre de Gabriel Attal. C’est du moins ce que laisse croire une publication faite sur les réseaux sociaux. Mais ces avis sont entièrement fictifs. La publication utilise l’image de ces personnalités sans leur consentement et les met en scène dans une situation inventée, à des fins promotionnelles. »
🦄 Face à une vague de réactions hostiles, Renaissance a supprimé son post, et évoque « une erreur » : « Des jeunes militants ont envoyé des visuels parodiques sur le livre et l’équipe Web du parti a voulu les partager. » L’opération promo tourne au bad buzz. Le HuffPost : « Un mauvais signal pour Gabriel Attal, qui compte sur ce livre pour appuyer son ambition présidentielle. »
📻 Jeudi 23 avril, la matinale de France Culture sort la sulfateuse : « Les hommes politiques mentent… Et parfois, ils mentent jusque dans les titres de leurs livres. Dernier exemple en date ? Gabriel Attal. L’ancien Premier ministre publie En homme libre. Homme libre, vraiment ? Mais pas du tout. Car au même moment, il explique sur tous les plateaux qu’il a remis le couvert avec Stéphane. Absolument ! Stéphane, son ex… »
Absolument. Gabriel Attal a même donné son nom dimanche dans Sept à huit sur TF1 : Stéphane Séjourné, ancien ministre et commissaire européen, avec cette confidence : « Je suis sûr qu’il est l’amour de ma vie. »
⚔️ Sur Culture, Guillaume Erner, le présentateur en personne, plante la dernière banderille : « La question du couple est la seule question des modernes, bien plus que les prélèvements obligatoires. Il faudrait ne parler que de cela puisque l’on ne pense qu’à ça. Et à la question de savoir ce qu’il faut faire de son ex, Attal répond : « retourner avec lui. »
C’est à mon sens une mauvaise réponse, mais c’est sa liberté d’homme libre de le dire. Tout cela me fait penser à Martine Aubry, à propos de laquelle on racontait cette blague : que fait Martine Aubry de ses vieux vêtements ? Elle les porte. Que fait Gabriel Attal de son ex ? Il retourne avec lui. »
📸 Si avec ça il ne fait pas la une de Match… je n’ai rien compris.