François Simon a testé le Grand Véfour et sa nouvelle cuisine du chef Bruno Doucet

Cette semaine, François Simon vous emmène au Grand Véfour, piloté par Bruno Doucet.
LTD/DR

Cette semaine, François Simon vous emmène au Grand Véfour, piloté par Bruno Doucet.
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« Pour la première fois de ma carrière, déclarait il y a peu le chef Bruno Doucet au média Bouillantes, je sais que je vais me faire allumer en arrivant au Grand Véfour. » Mais pourquoi donc, Bruno ? Sincèrement, l’adresse avait depuis quelques années les trois roues dans le fossé. Même sa reprise par le groupe Paris Society ne pouvait faire que mieux.
Entre-temps, l’univers de la cuisine a bien changé et sans doute le Grand Véfour, merveilleuse institution tombée en décrépitude, avait besoin de se remettre à l’endroit. Certes, si le Grand Véfour avait dû choisir une époque, il aurait celle de Jean Cocteau, de Colette et du cuisinier Raymond Oliver (1909-1990).
Mais nous sommes en 2026. Les clients arrivent parfois en tee-shirt ; en musique de fond, il y a du Michel Delpech, on passe des coups de fil. Est-il vraiment nécessaire de se lamenter ? Mieux vaut prendre le parti du plaisir, du bon moment, wallah ! Ou si vous préférez, yolo (acronyme de you only live once, « on ne vit qu’une fois »).
Quant à la cuisine de Bruno Doucet, on le sait, c’est celle d’un bon chef ayant repris au petit poil les adresses d’Yves Camdeborde, ce qui était un peu plus coton que le Grand Véfour. Il cuisine les produits de façon franche avec gourmandise et netteté.
Pas de prise de tête ni d’ego bouclé en lunettes de soleil, pas de menu dégustation imposé (alléluia !) : lorsqu’il annonce une aile de raie pochée, pommes de terre confites aux aromates, beurre blanc au caviar, c’est extra, tout comme le pigeon entièrement préparé, farci au foie gras et cuit entier, petits pois et jeunes carottes. On se sent si bien dans son appétit.
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Dessert voulant faire bien mais se défaussant dans les intitulés comme cette meringue annoncée comme « écrasée » mais jouant les désincarnées en fines feuilles avec une chantilly radine à souhait, mais qu’importe : le Grand Véfour nous est revenu, causant, avenant avec même quelques élégances sur certaines tables. Il est maintenant rallumé.
Le Grand Véfour, 17, rue du Beaujolais (Paris 11e). Comptez 110 euros par personne.
ℹ️ legrandvefour.com