La nuit au musée d'Éric Reinhardt : « Mon livre est une rêverie sur le genre »

Propos recueillis par Anna Cabana
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Éric Reinhardt, romancier et éditeur d'art français.
Dorian Prost / Pasco&co

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Éric Reinhardt, romancier et éditeur d'art français.
Dorian Prost / Pasco&co
On se demandait si, en se prêtant à l’exercice consistant à raconter « [s]a nuit au musée » – en l’espèce la Galleria Borghese – dans la belle collection qui porte ce nom, Éric Reinhardt allait accepter de renoncer, le temps d’un livre, à la signature de sa virtuosité littéraire : les entremêlements de lignes narratives se répondant jusqu’au vertige. La réponse est deux fois non.
Car des lignes, ici, l’auteur de Sarah, Susanne et l’écrivain, le roman à triple fond par la grâce infernale duquel il a tutoyé le Goncourt 2023, en croise deux : la première, c’est le récit, au présent de l’indicatif, de la nuit pendant laquelle il a dormi avec cet Hermaphrodite de marbre sur lequel il prétend avoir jeté une couette, ce qui est évidemment et rigoureusement interdit – telle est l’image qui inspire et sous-tend notre histoire ; la seconde ligne narrative est conjuguée à l’imparfait, celui-là même qui donne son titre au livre : il s’agit d’un conte fantastique qui nous fait suivre deux personnages du Puy-en-Velay, la chanteuse Gloria, incarnation vivante de l’hermaphrodite, et Bruno, chirurgien-dentiste « appelé », relève dès les premières pages Éric Reinhardt pour s’en amuser, « à devenir une sorte de double de [lui]-même ».
Propos recueillis par Anna Cabana