Dès la deuxième ligne arrive la mélancolie ; dans le deuxième paragraphe, elle est rejointe par sa copine la nostalgie. Franz-Olivier Giesbert a conçu ce Voyage dans la France d’avant comme une conclusion à cette Histoire intime de la Ve République en trois tomes que nous avions dévorés. Il en va de même de ces tribulations dans le passé que le meilleur de nos écrivains--journalistes propose aujourd’hui. Dans le passé, oui, parce qu’il faut, dit-il, remonter jusqu’à la Révolution française « pour comprendre ce qui nous est arrivé » et « comprendre ce qui fait notre malheur ».
Le constat de FOG, en effet, est aussi noir que son amour de la France est rose. Le noir : « La capilotade est quasi générale, financière autant que morale, voire métaphysique. La France n’est plus la France », estime celui aux yeux duquel notre pays souffre aujourd’hui de maux/mots bien tristes : « rétrécissement », « fragmentation », « dépérissement ». Le rose : « Qu’y a-til de plus beau qu’un paysage français ? » se demande-til avec une emphase toute patriotique. Et aussi : « Que n’avons-nous pas inventé, nous autres Français ? La grâce, la civilité, les passions révolutionnaires, la dernière mode, l’âme de la gastronomie, les haines fratricides, l’amour des lettres, les mécanismes de la guillotine, la science des parfums, l’art de la conversation, l’esprit critique, etc. »