REPORTAGE — Bienvenue dans les coulisses d’un chantier titanesque supervisé par l’architecte Jean Nouvel.Comment transformer un grand immeuble haussmannien naguère occupé par le Louvre des antiquaires (de 1978 à 2019), labyrinthe de 240 boutiques très cloisonnées réparties sur trois niveaux, en… galerie d’art si ouverte sur la ville que les œuvres dialoguent avec les passants dans la rue – à l’instar du Paysage amoureux (1997) tout en perles de verre rouge sang de Jean-Michel Othoniel ?
Auteur du nouvel écrin de la Fondation Cartier pour l’art contemporain qui ouvrira ses portes samedi 25 octobre au 2, place du Palais-Royal à Paris, l’architecte Jean Nouvel a choisi une solution on ne peut plus radicale qu’il résume d’une formule : « Il faut tout enlever, tout ce qu’on peut, en dehors des porteurs indispensables. Il faut en somme qu’on étende l’espace. »
Après cinq ans de travaux réalisés pour la Société foncière lyonnaise (SFL), propriétaire de l’immeuble, à la demande de la Fondation, qui ne communique pas le budget de l’opération, le résultat de ce « grand ménage par le vide » est impressionnant de transparence : à travers les grandes baies vitrées qui courent le long des façades, l’espace monumental (11 mètres de hauteur) offre une vue imprenable sur la rue Saint-Honoré d’un côté, la rue de Rivoli de l’autre, la façade du Louvre en prime ! Sans compter les verrières coiffant les trois cours qui laissent apercevoir le bleu du ciel.
Étonnants puits de lumière surmontés de jardins suspendus plantés d’une cinquantaine d’arbres, parmi lesquels huit magnolias, clin d’œil à ceux qui illuminent le jardin du Palais-Royal au printemps ! Comme en écho trône juste en dessous L’Arbre chez lui (1994), de Richard Artschwager, un pin véritable installé sur une haute colonne en bois. En face, c’est L’Arbre de Nini, d’Agnès Varda, dont le chat perché sur un tronc salue le visiteur dès l’entrée, à peine a-t-on franchi les arcades de la place du Palais-Royal.