L’estrade a été improvisée sur le piédestal d’une plaque commémorative. La stèle de pierre mentionne une partie des noms des centaines d’étudiants tués le 2 octobre 1968 lors d’une manifestation à Tlatelolco, un quartier de Mexico. C’est sur cette place des Trois Cultures que le mouvement « génération Z » a donné rendez-vous à ses partisans. « Des jeunes qui voulaient faire entendre leur voix ont été assassinés ici. Aujourd’hui, nous sommes là pour continuer leur combat », lance d’une voix forte l’un des organisateurs de la rencontre. L’objectif, planifier la manifestation nationale prévue ce dimanche 14 décembre.
La première démonstration des jeunes, le 15 novembre, leur a en effet glissé des mains. Ce jour-là, parmi quelques drapeaux noirs frappés d’une tête de mort coiffée d’un chapeau de paille – symbole du célèbre manga One Pièce incarnation du mouvement –, les dizaines de milliers de manifestants ont en majorité plus de 40 ans. Au lieu de faire entendre les revendications de la Gen Z, ils crient à la destitution du gouvernement.
L’assassinat, début novembre, du maire d’une ville du Michoacan, État où sévit le crime organisé, a servi de déclencheur à la colère. C’était le septième meurtre d’un maire depuis le début de l’année, et celui surtout d’un élu très populaire et ultra-protégé. À Mexico, le rassemblement se termine dans la violence, et le gouvernement de la présidente de gauche, Claudia Sheinbaum, dénonce une récupération politique de l’opposition de droite.