Tact et fermeté : la présidente du Mexique impose son tempo et arrache un sursis à Trump
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Tact et fermeté : la présidente du Mexique impose son tempo et arrache un sursis à Trump
Henry Romero
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Tact et fermeté : la présidente du Mexique impose son tempo et arrache un sursis à Trump
Henry Romero
Un mélange de tact et de persuasion. La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a obtenu de son homologue américain Donald Trump un délai de 90 jours avant l'entrée en vigueur de nouveaux droits de douane. Durant cette période, le taux reste maintenu à 25 % pour les produits mexicains exportés vers les États-Unis qui ne sont pas couverts par l'accord de libre-échange nord-américain (ACEUM).
Donald Trump a qualifié la présidente de « femme merveilleuse », loin des relations parfois tendues entretenues avec certains autres dirigeants mondiaux. Au moins trois reprises, le président américain a consenti à un allègement des droits de douane en faveur du Mexique, qui reste, après l'Union européenne, son principal partenaire commercial. Mais comment a-t-elle fait ?
« En gardant la tête froide », a expliqué la présidente elle-même à des journalistes vendredi. La physicienne âgée de 63 ans et militante de gauche a ajouté qu'elle évitait « la confrontation » avec le milliardaire. Selon Mme Sheinbaum, les Mexicains ne « devraient jamais courber l'échine » et Donald Trump a reconnu son courage déclarant au cours d'une de leur discussion : « vous êtes dure », selon le New York Times.
« Mexico représente beaucoup pour les États-Unis (...) ils le savent », a expliqué Mme Sheinbaum. Grâce au traité de libre-échange entre les États-Unis, le Mexique et le Canada, près de 85 % des exportations mexicaines ont été exonérées de droits douanes.
Si le Mexique a réussi à échapper pour l'instant aux droits de douane généraux de 30 % sur ses exportations, son secteur automobile sera soumis à des droits de douane de 25 % alors qu'en mai il avait obtenu que Washington les réduise à 15 %. Ses secteurs de l'acier et de l'aluminium, comme pour d'autres pays, sont soumis à des droits douaniers de 50 %.
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Le gouvernement mexicain considère cependant le report récent de l'application des droits de douane comme une victoire. « Sans aucune flagornerie, je peux vous dire que la façon dont notre présidente mène ses discussions, son approche, la fermeté avec laquelle elle défend les intérêts du Mexique, sa capacité à convaincre le président Trump, sont très importants », a estimé le ministre mexicain de l'Économie Marcelo Ebrard, qui dirige les négociations sur les surtaxes douanières.
Mme Sheinbaum semble également avoir adopté une attitude « donnant-donnant », en déployant des milliers de soldats à la frontière avec les États-Unis face aux inquiétudes du président Trump sur l'afflux de migrants et le trafic de drogue.
La présidente insiste pour sa part sur le fait qu'elle n'a « pas donné quoi que ce soit » dans les négociations avec Donald Trump et les discussions se poursuivent entre les deux voisins pour des accords de sécurité pour régler les problèmes de trafic de fentanyl et de drogue.
Mme Sheinbaum a aussi mis en avant la possibilité de plus d'importations de produits américains pour rééquilibrer la balance commerciale.
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Certains redoutent que la présidente mexicaine ne cherche tout simplement à gagner du temps. Le report de l'application des droits de douane « ne règle pas le problème de l'incertitude, nous revenons au point de départ », a estimé un expert en échanges commerciaux du Centre des études stratégiques et internationales de Washington.
(Avec AFP)
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