Donald Trump n’aura pas gardé son calme très longtemps. Après une semaine passée à parler de désescalade, le président américain a repris ses bonnes vieilles habitudes vendredi 30 janvier, alors que des milliers d’Américains défilaient dans plusieurs villes du pays pour dénoncer son administration et les dérives de l’ICE, sa très controversée police de l’immigration. Les manifestants ? Des « insurgés », des « agitateurs » et des « fauteurs de troubles financés » par des « professionnels » de la rébellion, a vitupéré le locataire de la Maison-Blanche.
À Minneapolis, où une marée humaine a pris possession des artères du centre-ville à l’appel de collectifs anti-ICE, les protestataires n’ont pas attendu les commentaires du milliardaire pour estimer que la trêve annoncée n’allait pas avoir lieu. « Ce qu’ils appellent l’apaisement ressemble surtout à une manière de nous faire taire », résume Mike, qui préfère donner un nom d’emprunt, comme la plupart des personnes interrogées.
Après la mort de Renee Good et d’Alex Pretti, tués par des agents fédéraux dans la ville du Minnesota à moins de trois semaines d’intervalle, Donald Trump avait pourtant laissé entrevoir un changement de cap. Critiqué pour la répression meurtrière et sa politique migratoire, il a affirmé ne plus vouloir « de gens blessés ou tués dans les rues », tout en appelant à « mettre fin à la résistance et au chaos ». Vendredi 31 janvier, il est revenu à un discours plus agressif en qualifiant Alex Pretti d’« agitateur et peut-être insurgé ». Le même jour, deux journalistes, dont un ancien présentateur de CNN, ont été arrêtés pour avoir couvert une descente de l’ICE dans une église à Saint Paul, la ville jumelle de Minneapolis.