Reportage dans les tunnels du Hezbollah, à la frontière du Liban et de la Syrie
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Dans une galerie abandonnée, à la frontière libanaise, le 1er avril.
LTD/Charles Cuau
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Dans une galerie abandonnée, à la frontière libanaise, le 1er avril.
LTD/Charles Cuau
Nous sommes en Syrie, à quelques kilomètres du village de Qousseir, proche de la frontière libanaise. Un lanceur de missiles. Sous un arbre, un drap tendu. Dessous une épaisse plaque de métal. C’est l’entrée d’un des tunnels du mouvement chiite Hezbollah découverts par l’armée syrienne. Ce tunnel servait d’abri aux combattants.
À l’intérieur, matelas, oreillers, télévisions et réchauds abandonnés jonchent le sol, traces d’un départ précipité. Un second tunnel, plus large, était équipé d’un monte-charge permettant d’acheminer du matériel. Dans ses galeries, une pièce servait de salle informatique. Le matériel a disparu, emporté lors de la fuite des combattants. À la sortie, de l’autre côté, un cours d’eau, un pont étroit, et déjà le Liban.
Parmi les soldats, l’ambiance est détendue. La situation est calme depuis le début de la guerre mais depuis quelques jours il y a du mouvement. « Le Hezbollah est aujourd’hui sous pression militaire et évite de s’approcher de cette zone », affirme Mounzir Arif, officier de la 45e division de l’armée syrienne, chargée du lieu.
À Qousseir, Muhammad Raad, 36 ans, organise les activités civiques et sociales : « Nous voulons bien accueillir les Libanais qui auraient besoin d’un refuge, mais les membres du Hezbollah, jamais. » Dans cette région meurtrie par plus d’une décennie de guerre civile, la méfiance envers la milice chiite libanaise reste profonde.
À partir du début de la révolution, en 2011, elle fut le théâtre de violents affrontements. La ville et ses environs ont été le théâtre d’intenses combats entre rebelles et forces du régime de Bachar El-Assad, allié du Hezbollah qui y avait établi une présence durable. Alors que les habitants commencent à revenir, les souvenirs des massacres et des déplacements, notamment au Liban, restent vifs. Ici, les stigmates du conflit sont partout : bâtiments en ruine, infrastructures détruites, terres agricoles à l’abandon...
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