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Contre-concert « entièrement américain », choix d'artiste « ridicule » et impopularité grandissante : Donald Trump face au Super Bowl de Bad Bunny

Damien Burnier

Publié le 08 février 2026 à 08:15

Bad Bunny lors de la conférence de presse d'avant-match du Super Bowl, le 5 février 2026.

Bad Bunny lors de la conférence de presse d'avant-match du Super Bowl, le 5 février 2026.

LTD/Casey Flanigan/Sipa USA/Reuters

La Tribune Dimanche

N145 ● 12 juillet 2026

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Présent l’an dernier, Donald Trump n’assistera pas ce 8 février à la grand-messe du football américain. C'est le chanteur portoricain, qui incarne la résistance à son administration, qui y performera.

Si le récit de ses propres performances prête à caution, que ce soit au baseball dans ses jeunes années ou au golf aujourd’hui, Donald Trump peut se prévaloir d’une première dans un grand décor de sport. Jusqu’à son apparition l’an passé, jamais un président en exercice n’était venu parader au Super Bowl, la finale de la ligue de football américain (NFL). L’événement le plus suivi outre-Atlantique depuis la mission Apollo sur la Lune en 1969 a généré un nouveau record d’audience : 191 millions de téléspectateurs lors de la dernière édition.

Mais cette année, pas de bis repetita. Le républicain a décidé de boycotter le match qui oppose les New England Patriots aux Seattle Seahawks au Levi’s Stadium de Santa Clara (Californie). Pour justifier son choix, il a invoqué la géographie : « C’est trop loin, je serais venu si c’était plus proche », a-t-il lâché au New York Post fin janvier. Dans la même interview, il a surtout moqué le choix « ridicule » des artistes qui se produiront en marge de la rencontre.

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Avec le groupe de rock Green Day et surtout Bad Bunny, artiste le plus streamé au monde, Trump pouvait craindre de passer un sale quart d’heure. Aux Grammy Awards le 1er février dernier, le Portoricain n’a pas hésité à attaquer frontalement l’administration républicaine en appelant à « mettre ICE dehors », alors que la si décriée police de l’immigration venait d’abattre un deuxième manifestant à Minneapolis. Le roi du reggaeton a promis que son show à la mi-temps serait « une énorme fête ».

« Trump serait hué s’il venait »

Mauvais joueur, Trump a prévu, avec des membres de la sphère Maga, d’organiser dans le même temps un contre-concert « entièrement américain ». Le contre-feu est assez grossier. «Vu son impopularité actuelle, ce n’est pas surprenant qu’il se dégonfle, glisse Stefan Szymanski, professeur de management du sport à l’université du Michigan. La vraie raison de son absence, c’est qu’il serait hué s’il venait. »

C’est arrivé lors de la dernière finale hommes de l’US Open de tennis ou, déjà, lors d’un match NFL en novembre. Stefan Szymanski rappelle aussi que le 47e président américain entretient avec la ligue de football américain une « histoire compliquée, marquée par un échec cuisant ». Une allusion à son rêve avorté de devenir propriétaire d’une franchise malgré plusieurs tentatives, dont une en 2014, où il avait tenté de racheter les Buffalo Bills.

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Le désamour puise aussi ses origines dans la politique. Durant son premier mandat, Trump avait vilipendé les joueurs qui mettaient un genou à terre pendant l’hymne national, en signe de protestation contre les violences policières visant la population noire. Il avait qualifié Colin Kaepernick, inspirateur du mouvement, de « fils de pute ».

Dans le microcosme, il a néanmoins conservé quelques amitiés. Comme celle du milliardaire Robert Kraft, propriétaire des Patriots, qui, fin janvier, était encore assis à ses côtés pour la première du documentaire Melania consacré à la première dame.

Depuis les années 1980, la tradition veut que les équipes sacrées dans les grandes compétitions soient reçues à la Maison-Blanche. Elle est moins respectée sous Donald Trump, qui a essuyé des refus – comme la sélection féminine de football championne du monde 2019 – et qui ne se risque plus à inviter les basketteurs champions NBA, sport qui a la réputation d’être progressiste.

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Ses alliés sportifs, Trump les trouve plus volontiers dans deux univers, populaires auprès de sa base électorale. Celui des courses automobiles d’une part : visiteur régulier du Daytona 500, il a signé un décret pour organiser en août à Washington le Freedom Grand Prix 250, en marge du 250e anniversaire de l’indépendance américaine.

Et plus encore dans les sports de combat, en particulier le MMA. Il est très proche de Dana White (président de l’UFC, la fédération leader), qu’il a aidé en début d’année à intégrer le conseil d’administration de Meta. Et c’est White qui a été désigné pour monter des combats sur la pelouse sud de la Maison-Blanche, le 14 juin, jour du 80e anniversaire du locataire des lieux.

Damien Burnier

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