L’ancien sherpa d’Emmanuel Macron à l’Élysée, en poste à Moscou, Bucarest, Bruxelles et Berlin ainsi qu’à Washington sous les présidences Trump et Biden, a vécu toutes les crises de cette dernière décennie dans les allées du pouvoir et de la diplomatie. Dans ses Mémoires (Le Sherpa, Tallandier, en librairies depuis le 14 janvier), il analyse les révolutions qui ont changé le monde ces dernières décennies en mettant l’accent sur l’impérieuse nécessité de rendre l’Union européenne plus forte et plus autonome.
LA TRIBUNE DIMANCHE – Avec l’absence à ce stade d’intervention militaire américaine contre l’Iran, n’y a-t-il pas le risque, comme avec Barack Obama en 2013 pour la Syrie, de voir que les États-Unis reculent après avoir pourtant tracé des lignes rouges ?
PHILIPPE ÉTIENNE – Lorsque Bachar El-Assad avait ressorti ses armes chimiques contre son propre peuple au printemps 2018, la France et les États-Unis avaient répondu par des frappes militaires avec le Royaume-Uni. Aujourd’hui, s’il n’y a pas d’intervention pour dissuader toute poursuite de la répression par le régime iranien, il faudra s’interroger sur l’efficacité d’autres leviers. Au début de son second mandat, il s’était rendu dans le Golfe et y avait promis que sa politique étrangère ne viserait pas à changer les régimes en place en raison de leur nature ou de leur irrespect des droits humains mais à parvenir à des accords avec eux.