Ni Poutine ni Trump : l’Europe d’abord ! La chronique de François Clemenceau
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La chronique de François Clémenceau
LTD/Fabien Clairefond
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La chronique de François Clémenceau
LTD/Fabien Clairefond
Que n’a-t-on pas entendu de ricanements, de railleries et de condamnations lapidaires après les propos tenus le 18 novembre par le général Mandon, chef d’état-major des armées, sur la menace russe et la nécessité pour les Français de s’y préparer avec la « force d’âme » nécessaire. Cet esprit de défense auquel il faisait allusion, au-delà du soutien à l’Ukraine, est un défi. À quoi bon vouloir se défendre en tant que peuple et en tant que démocratie si le pays est déjà dans l’esprit de défaite ? À quoi bon augmenter nos budgets de défense si l’on s’arrête à cette hallucinante posture pseudo-pacifiste de certains responsables politiques ou intellectuels qui ne voient toujours pas en quoi la Russie serait un danger ?
Non pas une menace lointaine qui se concrétiserait un jour mais un danger aujourd’hui même pour l’Union européenne, que Moscou tente de déstabiliser par tous les moyens ; pour l’Otan, que l’armée russe teste en permanence pour la pousser à la faute ; pour la Géorgie et la Moldavie, deux pays dont les peuples ont une immense soif de démocratie mais qui, tout comme l’Ukraine, n’ont pas encore pu rejoindre l’Union ou l’Alliance, ces deux garants de paix et de prospérité sur le continent depuis trois quarts de siècle.
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Dans les dix jours qui ont suivi la prise de parole du général Mandon, l’institut Cluster17 – l’un des plus rigoureux de son secteur – a mené pour la revue Le Grand Continent un sondage des plus instructifs sur la prise de conscience des citoyens européens des menaces environnantes. Près de 10.000 personnes dans neuf pays, dont la France, ont répondu à une longue série de questions sur la Russie, Donald Trump, le soutien à l’Ukraine ou l’unité européenne. Avant qu’Emmanuel Macron soit accusé par le magazine Der Spiegel d’avoir mis en garde ses pairs contre une possible « trahison » de l’Ukraine par les États-Unis – ce que le chef de l’État français a démenti vendredi –, il n’a apparemment pas échappé aux Européens que ce risque existait.