« La politique de la sécurité d'Israël est claire : son bras long frappera ses ennemis partout où qu'ils soient. Ils n'auront nulle part où se cacher. » Le tweet du ministre de la Défense de l'État hébreu, mercredi 10 septembre, au lendemain de l'attaque de Doha est limpide. La frappe israélienne visant des négociateurs du Hamas est un tournant dans la stratégie de l'État hébreu.
Jusqu'à présent, les assassinats ciblés de membres du Hamas, du Hezbollah ou des Gardiens de la révolution iraniens avaient eu lieu sur des territoires ennemis : bande de Gaza, Cisjordanie, Liban, Syrie, Iran. Cette fois, elle a frappé un allié des États-Unis, acteur central dans les pourparlers pour un cessez-le-feu entre le mouvement islamiste et Israël.
Paradoxalement, cette frappe, qui a tué cinq membres du Hamas, symbolise l'échec de Tel-Aviv de l'anéantir, comme promis au lendemain des attaques terroristes du 7 octobre 2023. Même si la liste des dirigeants abattus depuis deux ans ne cesse de s'allonger.
Ont ainsi été éliminés les leaders du bureau politique, comme Ismail Haniyeh ou Yahya Sinwar, les chefs militaires, comme Mohammed al-Deif, ou du renseignement, comme Shadi Baroud. A présent, selon Israël, la branche armée est dirigée par Ezzedine al-Haddad, un commandant militaire de 50 ans, qui, en 2023, était à la tête de la division de la ville de Gaza.