La promesse française de reconnaissance de l’État palestinien a poussé la reprise des largages aériens d’aide humanitaire dans l’enclave. Insuffisants, les ONG s’alarment.Et l'eau ? Alors qu'une poignée de pays européens (dont la France, l'Espagne et le Royaume-Uni) et arabes se félicitent de largages de quelques dizaines de tonnes de nourriture - certains mettant en scène le parachutage des paquetages dans des clips à la musique héroïque -, la question de l'eau reste cruciale, vitale. Il n'y a plus d'eau potable dans l'enclave palestinienne. Israël a détruit les usines de dessalement et refuse de laisser entrer du carburant pour faire fonctionner les stations de pompage et les puits.
« À cause de la consommation d'eau impure, les cas de diarrhées sanglantes ont explosé de 300 % ces trois derniers mois, les diarrhées aiguës de 100 %, alerte Louis-Nicolas Jandeaux, responsable plaidoyer humanitaire auprès d'Oxfam France, ONG spécialiste notamment de l'eau et de l'assainissement. En quelques heures, un enfant peut tomber dans le stade le plus grave de la malnutrition. »
Pour le responsable d'Oxfam, comme pour l'ensemble des ONG opérant en Palestine et les agences de l'ONU, les colis jetés du ciel peuvent soulager quelques milliers de Palestiniens mais ils ne sont pas la solution face à la famine. Ils ne représentent que quelques camions de 20 tonnes. Au moment du cessez-le-feu en janvier, plus de 500 à 600 poids lourds entraient chaque jour à Gaza et l'aide distribuée atteignait la population dans le besoin.
Des images insupportables
Surtout, une course contre la montre est engagée aujourd'hui pour sauver de nombreux Gazaouis. « On a dépassé le stade du simple besoin d'eau et de nourriture, poursuit Louis-Nicolas Jandeaux. Le niveau de malnutrition est tel qu'une prise en charge médicale est nécessaire. Il faut notamment du Plumpy'Nut, un médicament qui est une pâte extrêmement riche en protéines et nutriments afin de permettre aux personnes malnutries de récupérer avant de pouvoir reprendre une alimentation plus normale. »