LA TRIBUNE DIMANCHE – Une nouvelle fois, Donald Trump vient de menacer d’appliquer des droits de douane de 200 % sur les vins et les champagnes français. Comment protéger les producteurs et les exportateurs, confrontés à une insécurité permanente ?
NICOLAS FORISSIER – Donald Trump a fini par revenir sur plusieurs de ses annonces. Mais on sait que cela peut encore changer. Cela suscite effectivement un sentiment d’insécurité pour l’ensemble des filières agroalimentaires. Et nous l’avons dit : il n’est pas acceptable qu’elles soient ainsi prises en otages. L’agroalimentaire est au centre de l’identité française. Ses acteurs, très proches des territoires et du monde rural, sont essentiels pour notre emploi et notre économie.
La guerre commerciale de Trump survient à un moment difficile pour l’ensemble de la balance commerciale agroalimentaire française. Comment la redresser ?
C’est un sujet qui me préoccupe beaucoup. Quand j’étais secrétaire d’État à l’Agriculture et à l’Alimentation, en 2004-2005, l’excédent était, en moyenne, de 15 milliards. Ces dernières années, il n’était que de 4 milliards. Pour 2025, on n’a pas encore de chiffre définitif, mais on devrait être autour de zéro, voire en dessous. Je ne m’y résous pas. Nous devons mettre en œuvre un plan de reconquête élargissant le potentiel d’exportation de nos produits et de nos savoir-faire. Mon ministère est en train de mettre en place un groupe de travail pour avancer concrètement.