LA TRIBUNE DIMANCHE – Pourquoi avoir créé l’École du leadership de Paris, en partenariat avec l’ESCP Business School ?
HENRI GISCARD D’ESTAING – La multiplication des bouleversements que nous vivons, géopolitiques, démographiques, institutionnels, sans oublier les ruptures liées à l’explosion de l’IA ou aux fake news ainsi que les transformations sociologiques, remet en cause non seulement les modèles économiques des entreprises, mais aussi le déroulé des parcours professionnels.
L’utilisation croissante de l’IA, entre autres, est susceptible de modifier l’entrée dans la vie active, avec la suppression des « premiers jobs », particulièrement dans le secteur des services : le conseil, le droit, la communication… C’est un sujet majeur – nous avons tous appris de nos débuts – mais il est encore trop peu analysé. Tous ces facteurs compliquent encore le rôle des dirigeants, confrontés à des chocs imprévisibles et violents.
D’où la nécessité de réfléchir davantage à un leadership adapté : l’École du leadership est une école de pensée, car les dirigeants sont peu préparés à ce nouvel environnement. Leur propre formation s’est appuyée sur des processus parfois obsolètes.
Comment les modes de management peuvent-ils évoluer ?
En ne se fondant plus uniquement sur l’autorité, ni les compétences – qui évoluent en permanence et bien plus profondément qu’auparavant –, ni les certitudes. Mais aussi sur la vision, le sens et les valeurs. L’arrivée des jeunes de la génération Z dans les entreprises bouscule le rapport au travail et à la hiérarchie.