La menace plane depuis déjà plusieurs mois. Le secteur de l’aide à domicile, encouragé par les dispositifs mis en place grâce à la loi Borloo de 2005, redoute une baisse massive des financements publics. Alors que les débats en cours à l’Assemblée nationale sur les projets de loi de finances (Budget et Sécurité sociale) ont encore avivé ces inquiétudes, la peur de l’une des branches – celle qui regroupe les aides aux personnes âgées et à celles en situation de handicap – de voir ses moyens amputés est palpable.
Au lendemain des Assises nationales du domicile, le 18 novembre, et à la veille du salon des services à la personne (24 et 25 novembre), l’une des quatre fédérations professionnelles de cette branche, Adedom, va publier une étude d’impact réalisée par les cabinets spécialisés Eurogroup Consulting et Koreis, avec l’appui d’un conseil scientifique, composé d’universitaires et de représentants des conseils départementaux. Objectif ? Analyser les conséquences humaines et économiques d’une réduction significative des financements.
Cette étude très fouillée, qui repose sur l’analyse de « parcours de vie » dans différents départements et régions, en fonction de plusieurs hypothèses de diminution des dotations, sera remise dès le 24 novembre à Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes.
« Notre secteur est déjà exangue. Un désengagement des pouvoirs publics en matière de financement serait catastrophique », alerte Laetitia Verdier, directrice générale d’Adedom. Selon les modèles détaillés dans cette étude, « un euro désinvesti pour une personne âgée accompagnée à domicile et son proche aidant entraînerait 3,50 euros de coûts supplémentaires ». Dont 1,55 euros pour l’État et 1,75 pour le tandem personne âgée/aidant. Pour une personne handicapée et son proche aidant, c’est 2,30 euros de coûts supplémentaires, dont 1,91 euro pour l’État.