Au total, le secteur de l'emploi à domicile regroupe 1,2 million de salariés et près de 5 millions d'utilisateurs. Pourtant, la modification du crédit d'impôt qui revient dans le débat pourrait entraîner une baisse de l'activité, révèle un sondage de l'Ifop.Vingt-six métiers différents pour quatre grands services : garde d'enfants, cours à domicile, entretien de la maison, accompagnement des personnes dépendantes. En vingt ans, puisque la loi Borloo sur le développement des services à la personne grâce au chèque emploi service universel (Cesu) a été votée le 26 juillet 2005, avant d'être renforcée par le crédit d'impôt désormais instantané, un tout nouveau secteur d'activité s'est consolidé.
Au point de compter aujourd'hui plusieurs grandes entreprises privées, dont Domia Group (Shiva, Acadomia...) et Oui Care (O2, Nounou Expert...), des centres de formation et une professionnalisation croissante des intervenants. Ainsi que 1,2 million de salariés et près de 5 millions d'utilisateurs.
Le marché des services à la personne, qui repose pour l'essentiel sur des emplois à domicile au bénéfice de particuliers, s'est élevé à 24 milliards d'euros en 2024, au lieu de 11 milliards estimés en 2005. Une supposition car, à l'époque, l'immense majorité de ces prestations n'était justement pas déclarée : presque tout dépendait d'une « sphère informelle », terme pudique des experts pour désigner le travail au noir.
D'où des pertes pour l'État, notamment en matière de cotisations sociales et de TVA, chiffrées par la Cour des comptes à 20 milliards d'euros par an au total. C'est le contraire aujourd'hui, puisque le dispositif fiscal et la simplicité des démarches rendent la déclaration d'un salarié à domicile moins chère que la dissimulation. « La constitution d'une filière a résulté d'une coordination efficace entre les politiques, les administrations et les entreprises », souligne Maxime Aiach, fondateur de Domia Group.