« Me retirer ne m’a pas traversé un seul instant l’esprit » : Sophia Chikirou, l’élément perturbateur à Paris
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Sophia Chikirou (LFI) à La Bellevilloise, le 17 mars à Paris.
LTD/Bertrand Guay/AFP
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Sophia Chikirou (LFI) à La Bellevilloise, le 17 mars à Paris.
LTD/Bertrand Guay/AFP
En distribuant ses derniers tracts ce vendredi après-midi dans le 18e arrondissement de Paris, Sophia Chikirou semble marcher sur l’eau. « J’ai déjà gagné : on m’avait dit que je ne serais pas au second tour or j’y suis », s’exclame-t-elle. Dimanche dernier, la tête de liste de LFI a recueilli 11,72 % des voix dans la capitale. Un score certes moyen au regard de ceux des autres candidats Insoumis dans les métropoles, mais suffisant pour se qualifier pour le second tour.
Or, si à droite Pierre-Yves Bournazel a annoncé que sa liste fusionnait avec celle de Rachida Dati – sans lui – et que Sarah Knafo a jugé bon de se retirer, Sophia Chikirou a fait, elle, le choix de se maintenir. Au risque d’une triangulaire à très haut danger puisque deux listes de gauche sont concurrentes face à une seule de droite.
Qu’importe, Sophia Chikirou refuse d’endosser la responsabilité de la division. Elle assure avoir « tendu la main » jusqu’au bout à Emmanuel Grégoire pour acter une « fusion technique » des deux listes. Le socialiste, qui a toujours fermé la porte à une alliance au nom de « valeurs trop divergentes », lui a confirmé son refus lors d’un très bref coup de téléphone mardi. « Tu es confiant ? » lui a-t-elle demandé. « Je suis serein », a-t-il répondu, bien qu’il ait misé toute sa campagne sur le fait qu’elle serait éliminée au premier tour. « Sa seule stratégie de campagne était de rêver qu’on soit sous les 10 % ; il s’est planté », s’amuse un candidat sur la liste mélenchoniste.
Les soutiens d’Emmanuel Grégoire dénoncent la mauvaise foi Insoumise, affirmant que Sophia Chikirou n’a jamais cherché à créer les conditions du rassemblement. Plusieurs citent encore un visuel de LFI, partagé fin janvier sur les réseaux sociaux, contre la majorité sortante, concernant les abus sur mineurs dans le périscolaire. « Leur bilan 2025 : un enfant mort noyé, 52 signalements pour violences sexuelles », était-il écrit avec en fond une photo d’Anne Hidalgo et d’Emmanuel Grégoire, son ex-premier adjoint. « Et après, elle dit tendre la main ? » s’agace encore une élue écologiste.