Le « moment 1998 » n’est pas revenu. Par cette formule, distillée en amont des élections municipales auprès de cadres Renaissance, Sébastien Lecornu a fait mine de s’alarmer d’éventuels accords auxquels se livreraient des élus Les Républicains avec le Rassemblement national pour conserver leurs mairies. Tel est le fracas qui s’était produit au niveau régional, il y a presque 30 ans, entre la centriste UDF et le FN de Jean-Marie Le Pen. Cette fois-ci, la main tendue par Jordan Bardella à la droite, quelques minutes après l’annonce des résultats de dimanche 18 mars, n’a pas été saisie. Hormis quelques rarissimes fusions avec des LR dissidents, la digue a tenu.
Est-ce là le principal échec du président du RN à ce scrutin ? « C’est la première fois qu’on part aux municipales avec un allié, Éric Ciotti, et c’est capital, tient d’abord à nuancer un proche lieutenant de Marine Le Pen. Ensuite, ces fusions sont une première aussi ! À Reims, par exemple, il faudra regarder si ça fait progresser notre candidate. » Le partenariat noué avec l’ex-chef des Républicains aura, il est vrai, permis à l’extrême droite d’être moins marginalisée et surtout de guigner ce dimanche 22 mars une victoire à Nice, dont les retombées politiques seraient considérables. Éric Ciotti aurait-il tutoyé le même succès face à Christian Estrosi avec la seule étiquette frontiste plutôt que celle, moins clivante, de l’Union des droites pour la République (UDR) ?