LA TRIBUNE DIMANCHE — Selon notre sondage, la sécurité est le premier enjeu des prochaines élections municipales. Etes-vous surpris ?
FRANCK LOUVRIER — Je ne suis pas surpris par l’ordre des préoccupations de nos concitoyens. Je constate que les attentes les plus fortes sont sur des domaines partagés (sécurité, finances, logement, transports) et la santé qui n’est pas une compétence communale. Or, je vois que les maires sont globalement à la hauteur sur les sujets qui relèvent de leurs attributions. Cela prouve qu’il faut sûrement revoir notre organisation territoriale. Par ailleurs, c’est assez logique que trois quarts des Français placent la sécurité en tête. Le gouvernement a intérêt d’accélérer le projet de loi sur les polices municipales.
De la même manière, je crois qu’il faut réviser la répartition des compétences en matière de santé. Cela fonctionne trop mal. La région serait un meilleur échelon pour mieux gérer la santé. Une grande partie des communes est touchée par la désertification médicale aussi bien dans le rural que dans l’urbain. Il faut agir rapidement car un Français sur trois aura plus de 60 ans en 2030.
Les Français semblent davantage motivés par les enjeux locaux. Pensez-vous vraiment que les municipales ne seront pas parasitées par l’enlisement politique au niveau national ?
Plus la commune est grande, plus le poids de la politique nationale est fort. Plus elle est petite, moins l’étiquette politique compte dans les choix. Quand ont construit un équipement public, il n’est ni de gauche, ni de droite. Quand on compose une liste municipale, on choisit en priorité des personnalités qui sont d’abord engagées dans leurs communes. Aux élections municipales, les Français votent d’abord avant tout en fonction de leurs intérêts et moins pour des enjeux politiciens. Les Français ne prennent pas de risque pour leur commune surtout quand ils voient la situation chaotique à l’Assemblée nationale ou au gouvernement. Je pense qu’en mars prochain, leur réflexe ce sera d’abord « touche pas à ma commune ». Ils ne voudront pas importer le désordre national dans leur vie locale.