Le maire, dernier tiers de confiance

Par Bruno Jeudy, directeur délégué de la rédaction

La chronique municipales de Bruno Jeudy.
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI

Par Bruno Jeudy, directeur délégué de la rédaction

La chronique municipales de Bruno Jeudy.
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
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Il y a encore des bonnes nouvelles en politique. Au moins une : presque sept Français sur dix (68% selon l’étude Fractures françaises réalisée par Ipsos/BVA pour Le Monde) ont confiance dans leur maire. Vu comme ça, la proportion peut paraître faible. Dans un pays où 90% de ses habitants pensent que la France décline, ce résultat est plus que notable. Il est d’abord remarquablement stable et cela depuis plusieurs années.
Les quelque 35.000 premiers magistrats communaux constituent ensuite des maillons de stabilité dans un contexte de défiance généralisé. Le maire demeure, en effet, le premier et le dernier rempart démocratique alors que les personnes interrogées par l’institut de sondage se montrent très sévères avec toutes les autres institutions politiques : 20% d’entre eux font confiance aux députés ; 10% aux partis politiques et, seulement, 22% envers le président de la République ! Vertigineuse défiance. La confiance dans la fonction de chef de l’État a chuté de quatre points depuis 2024 et de vingt-deux points depuis le début du quinquennat !
Dans ce contexte de quasi révolte démocratique, le maire reste donc plus que jamais le tiers de confiance dans notre système politique. « Le niveau de confiance pour un élu tient très bien et montre à quel point le maire échappe à la critique générale du politique en général », relève Mathieu Gallard, directeur des études chez Ipsos/BVA. Si l’on élargit la focale, on constate toutefois que les Français ont davantage confiance dans d’autres institutions : l’armée (79%), l’école (70%) mais les entreprises petites et moyennes (82%).
Tout n’est pas fichu donc. Le maire jouit d’une meilleure image que la plupart des politiques jugés globalement corrompus par 66% des Français. Un chiffre préoccupant, symbole de la fracture entre les citoyens et leurs gouvernants, qu'ils soient président, ministre ou parlementaire.
Cela augure-t-il d’une meilleure participation aux prochaines élections ? A quelques mois du scrutin municipal, l’attachement des Français dans la figure du maire est en tout cas encourageant. Iront-ils pour autant voter en masse lors du scrutin des 5 et 22 mars prochains ? « Ce n’est pas certain, estime Mathieu Gallard. On peut imaginer que la participation sera plus haute qu’en 2020 - 44% au 1er tour et 41% au second, deux records sous la Ve conséquence de la crise du Covid - et se rapprochera des niveaux d’abstention plus habituels (ndlr, 38% en 2014, 35% en 2008, 34% en 2001) dans ce type de scrutin en France. Mais rien n’est automatique. »
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