Alors que l’usage de stupéfiants n’a fait qu’augmenter depuis 2020, une majorité de candidats a fait de la lutte contre le trafic de drogue un argument de campagne.À Besançon (Doubs), le trafic de drogue n’est pas un sujet nouveau. De fin 2019 à mars 2020, peu avant les élections municipales, de violents affrontements entre bandes rivales avaient marqué les esprits. Six ans plus tard, alors que la maire écologiste Anne Vignot remet son mandat en jeu, même scénario : le 21février, une rixe a entraîné la mort d’un jeune de 24 ans dans un quartier miné par la vente de stupéfiants. De quoi nourrir le discours virulent du principal opposant à la majorité sortante, Ludovic Fagaut (LR), qui a fait de cette question l’un des grands axes de sa campagne.
« L’équipe actuelle croit que l’on peut agir en donnant des sprays à la lavande et des filets à papillons aux policiers municipaux », ironise le candidat. Lui plaide pour une augmentation massive du nombre de caméras de vidéosurveillance et pour l’armement des fonctionnaires de police locaux. « Quand on n’approche le narcotrafic que par la répression, on n’arrête rien du phénomène et de son amplitude, tance en retour la maire sortante. Le rôle de la police municipale est d’intervenir à la racine et d’accompagner la prévention.»
Dans cette commune d’environ 120.000 habitants proche de la frontière suisse, comme dans une majorité de villes françaises – même petites –, le sujet électrise la campagne en cours. Dans un sondage Ifop que La Tribune Dimanche publiait en novembre, la lutte contre le narcotrafic figurait en cinquième position des enjeux déterminants du vote aux municipales. Une nouveauté ? « En 2020, cela n’existait pas dans le discours des Français, analyse Frédéric Dabi, directeur de l’Ifop. C’était bon pour une série Netflix. »