OPINION. « La montagne n’est pas juste un décor : c’est un territoire de vie ! », par Jean-Pierre Vigier, Frédérique Espagnac et Xavier Roseren
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Jean-Pierre Vigier, Frédérique Espagnac et Xavier Roseren
LTD/ANEM
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Jean-Pierre Vigier, Frédérique Espagnac et Xavier Roseren
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Les territoires de montagne se battent de longue date pour faire reconnaître une évidence : l’égalité républicaine ne peut pas se résumer à appliquer partout les mêmes règles sans tenir compte des réalités du terrain. Quand aller à l’école est plus long et dangereux qu’en plaine, quand le temps d’accès aux soins réduit les chances ou quand des projets locaux sont bloqués par des normes inadaptées, ce n’est pas la montagne qui est en marge : c’est l’action publique qui n’est plus à la hauteur.
L’adoption par l’Assemblée nationale le 13 mai dernier de la proposition de loi pour une montagne vivante et souveraine constitue une première étape. Ce texte transpartisan, porté dans l’hémicycle par Jean-Pierre Vigier, président de l’ANEM et rapporteur du texte, avec le soutien de l’exécutif et des élus de montagne, marque une avancée politique : la République reconnaît la nécessité d’adapter ses politiques aux spécificités des massifs.
Même si les lois Montagne de 1985 et 2016 ont consacré la spécificité de nos territoires et le droit à la différenciation, les sept millions d’habitants permanents des massifs restent confrontés à des inégalités concrètes d’accès aux services publics, au logement ou aux nouvelles mobilités.
La montagne n’est pas une périphérie. Elle est une richesse stratégique pour notre pays. Elle produit de l’eau, du bois, de l’énergie, des produits agricoles de qualité. Elle attire, innove, entreprend. Elle est garante également des équilibres environnementaux essentiels pour l’ensemble du territoire national. Pourtant, ceux qui y vivent doivent encore trop souvent composer avec des règles rigides et mal adaptées à leurs contraintes quotidiennes.
Le texte voté à l’Assemblée nationale apporte des réponses concrètes. Il affirme d’abord un principe simple : vivre en montagne ne doit jamais signifier renoncer à l’égalité républicaine. En matière d’éducation, l’élaboration de la carte scolaire devra être concertée et adaptée aux spécificités de la montagne afin d’éviter des temps de transport déraisonnables en cas de fermeture d’une classe ou d’une école en montagne. En matière de santé, il fixe des objectifs d’accès aux soins d’urgence compatibles avec les réalités géographiques des massifs.
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Il renforce les filières agricoles locales, encourage la transformation de proximité, valorise les produits de montagne, la filière bois et favorise une gestion équilibrée et partagée de l’eau. Il accompagne aussi les territoires dans l’adaptation au changement climatique et la prévention des risques naturels, notamment des inondations. Les communes de montagne, qui jouent un rôle essentiel dans la gestion des bassins-versants, ne peuvent continuer à assumer seules ces charges qui bénéficient à tous. Le texte apporte des précisions en matière d’urbanisme en clarifiant les règles de construction en continuité afin de permettre le développement de projets locaux tout en préservant les équilibres environnementaux. Il protège aussi les chemins de randonnée et les itinéraires de pleine nature qui participent à la vitalité touristique de nos territoires.
Ce vote est avant tout le résultat d’une mobilisation collective : celle d’élus de tous les massifs, de toutes sensibilités politiques, réunis autour d’une conviction commune : la montagne mérite des politiques publiques adaptées à ses réalités. Le texte va poursuivre son parcours au Sénat. Nous restons pleinement mobilisés pour assurer une entrée en application rapide, mais aussi pour préserver son ambition et poursuivre le travail engagé au sein de l’Association nationale des élus de la montagne sur l’ensemble des propositions de l’Acte III Montagne.
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