OPINION. « Coupe du Monde : la fête doit appartenir aux supporters, pas aux casseurs », par Jean-Luc Moudenc, président de France urbaine
Après les dégradations urbaines qui ont entaché la victoire du PSG en Ligue des Champions, le maire de Toulouse liste une série de mesures d'urgence pour éviter que la fête ne soit une nouvelle fois gâchée durant la Coupe du monde qui s'ouvre.
Le 30 mai, nous avons eu la joie de célébrer le sacre du Paris Saint-Germain en Ligue des Champions. Et dans le même instant, exactement comme l'an passé, la tristesse de voir des scènes d'une rare violence, provoquées par une foule destructrice, ravageant rue après rue, voitures, scooters, vélos, mobiliers urbains, incendiant tout ce qui peut l'être sur leur passage, et recherchant le conflit avec les forces de l’ordre.
Cette année, à Toulouse, quatre cyclomoteurs Yego ont été détruits par incendie (un sur les allées Jean-Jaurès, deux sur les allées du Président-Franklin-Roosevelt et un rue Saint-Antoine-du-T.). Un totem d'affichage publicitaire a été détruit sur les allées Jean-Jaurès, ainsi qu'un abribus. Le bibliobus de la place de la Légion-d'Honneur a été dégradé, deux véhicules d'habitants ont été endommagés et huit containers poubelles ont été brûlés.
45 000 euros de réparation, seulement pour la Mairie. Voilà le prix de quelques heures de vandalisme. Ces violences et dégradations, contenues par un dispositif policier prépositionné en centre-ville, ont conduit à 18 interpellations - dont des individus mineurs - parmi lesquelles six par la police municipale pour dégradation et usages/détention de mortiers d'artifices, ainsi qu'à l'utilisation de 250 grenades lacrymogène. Trois agents ont été blessés lors de ces interventions.
Le temps des constats est donc terminé. Celui des décisions doit commencer :
La loi anticasseurs mériterait manifestement d'être réexaminée. Il est indispensable de restaurer un principe de responsabilité aujourd’hui anéanti : le fait d’être présent au sein même d’une meute violente, de choisir de ne pas en partir et implique d’en assumer les conséquences. Ou que les parents soient responsabilisés.
Une idée simple et de bon sens consiste à faire payer la casse aux casseurs, par des travaux d'intérêt général, si cela est nécessaire et y compris pour les mineurs.
Les nouvelles technologies, qui sont déjà en test, doivent être mises à contribution et explorées pour permettre la reconnaissance faciale et l’aide logicielle en temps réel pour suivre et interpeller davantage les fauteurs de troubles.
Nous devons étudier, dans le cadre d'événements spécifiquement identifiés un couvre-feu interdisant aux mineurs de se déplacer seuls au-delà d'une certaine heure, pour venir en aide aux parents qui se disent dépassés.
Comment redonner confiance et apaiser les Français si la puissance publique ne dispose pas de l'autorité nécessaire pour faire respecter le droit et être garante de l'ordre public et de la protection de tous ? Pour que la Coupe du monde 2026, qui débute ce 11 juin, ne soit pas une fois encore le théâtre de ces scènes de terreur et une honte pour la France, il est temps d’avoir le courage de prendre des mesures efficaces.
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