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OPINION. « Aimer l’Europe, ce n’est pas renoncer à la France », par Michel Barnier, Augustin Paluel-Marmont et Clarisse Crémer

Par Michel Barnier, député de Paris, ancien Premier ministre, Augustin Paluel-Marmont, entrepreneur et Clarisse Crémer, navigatrice

Publié le 09 mai 2026 à 16:19

Michel Barnier, député de Paris, ancien Premier ministre, Augustin Paluel-Marmont, entrepreneur et Clarisse Crémer, navigatrice

Michel Barnier, député de Paris, ancien Premier ministre, Augustin Paluel-Marmont, entrepreneur et Clarisse Crémer, navigatrice

LTD/Stephane Mahe /REUTERS- DR

La Tribune Dimanche

N143 ● 28 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Célébrée le 9 mai, la journée de l'Europe est l'occasion de célébrer la diversité des nations unies sur le continent et qui partagent une histoire commune depuis des décennies.

Nous ne nous sentons pas Français ou Européens.
Nous nous sentons profondément Français et Européens. Ces deux appartenances ne s’opposent pas. Elles se renforcent, elles se fertilisent.
L’Europe n’efface pas les nations. Elle les éclaire, les met en dialogue, leur donne du relief.

À l’occasion de la Fête de l’Europe, nous voulons partager notre amour de l’Europe et parler de cette Europe que l’on vit, celle des paysages, des villes et des villages, des langues, des cultures, des peuples, des cuisines… Celle qui rassemble près de 50 pays et de 750 millions d’habitants, bien au-delà du cadre institutionnel de l’Union européenne.

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Pourquoi l’euro n’est pas encore prêt à détrôner le dollar

L’Europe n’est pas née d’un traité.
Elle est le fruit d’une histoire longue, parfois tragique, mais profondément féconde. Philosophie, droit, Lumières, grandes œuvres artistiques et scientifiques : elle a façonné une certaine idée de l’homme, de sa liberté, de sa dignité.

Cet héritage est multiple. Il est aussi fait de racines culturelles et spirituelles. Ce qui nous unit dépasse ce qui nous distingue : une manière de vivre, de débattre, de créer, de douter et donc d’avancer. L’Europe n’est pas une abstraction. Elle se vit.

L'Europe, un véritable melting pot

Elle se vit dans les entreprises qui naissent à Barcelone, grandissent à Amsterdam, s’installent à Paris.
Dans les projets qui circulent, les idées qui voyagent, les talents qui se rencontrent. Elle se vit dans les histoires d’amour nées d’Erasmus, dans ces vies qui se tissent d’un pays à l’autre. Elle se vit dans la culture, sur les scènes, dans les stades jusque dans les soirées de l’Eurovision.
Elle se vit aussi dans une mémoire commune : celle d’un continent qui, après s’être déchiré, a choisi la paix, comme lors de la Baltic Way.

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L’Europe, c’est aussi cela : c’est une génération qui grandit avec plusieurs langues, plusieurs cultures, plusieurs horizons sans jamais perdre ses racines. C’est cette Europe que le cinéma a su raconter, notamment dans L'Auberge espagnole, où l’on découvre que l’on devient soi-même en rencontrant les autres. Cette Europe-là est vivante.
Et pourtant, nous la racontons mal.

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L’urgence de sauver la démocratie européenne. La chronique de François Clemenceau

L’Europe est souvent perçue à travers ce qui la fragilise : lenteurs, normes, bureaucratie, distance.
Cette critique existe. Elle n’est pas infondée. Mais elle ne doit pas masquer l’essentiel. L’Europe, c’est une capacité unique à porter des projets à l’échelle d’un continent.
C’est une puissance économique qui nous donne la taille critique pour exister.

Dans un monde dominé par de nouveaux empires, cette échelle n’est pas une option.
C’est une nécessité. Recroquevillés, nous n’irons nulle part.
Ensemble, nous pouvons peser. Aucune nation européenne, seule, ne peut durablement rivaliser.

L’Europe a besoin de nations fortes
pour se construire de manière indépendante

Être Européen aujourd’hui, ce n’est pas renoncer à sa souveraineté.
C’est accepter une évidence :
Seul, on s’affaiblit ; ensemble, on se donne les moyens de rester à la table où se fait l’ordre du monde. Ce n’est pas une idéologie.
C’est du pragmatisme. Cette ambition suppose une Europe plus simple, plus lisible, plus efficace et qui génère enthousiasme et fierté.
L’Europe a besoin de nations fortes
pour se construire de manière indépendante dans ses choix économiques, industriels et stratégiques.

L’Europe doute parfois d’elle-même.
Elle devrait se souvenir de ce qu’elle est : un continent de culture, de liberté, d’innovation, un espace de paix unique dans l’histoire. Nous avons appris à critiquer l’Europe.
Nous devons aussi réapprendre à la porter. Car au fond, la question est simple : voulons-nous être spectateurs du monde qui vient, ou en être acteurs de notre destin ? Aimer l’Europe, ce n’est pas renoncer à la France.
C’est lui donner les moyens d’exister pleinement dans le monde qui vient.

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OPINION. « Le cas Meloni : l’Italie laboratoire, l’Europe miroir »

L’Europe, c’est un continent d’une richesse inouïe, à portée de main.
Dans un monde où nous devons apprendre à vivre plus sobrement, l’Europe est une chance exceptionnelle, pour apprendre et étudier, travailler, entreprendre, voyager… Être Européen, aujourd’hui, c’est choisir de compter dans le monde qui vient.

Par Michel Barnier, député de Paris, ancien Premier ministre, Augustin Paluel-Marmont, entrepreneur et Clarisse Crémer, navigatrice

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