• La Tribune
  • La Tribune Dimanche
  • La Tribune Afrique
  • Air&Cosmos
  • |
  • Événements
  • L'instant Sélection
Une du journal La Tribune Dimanche

Dernière édition

Flèche menu déroulant
Newsletters
Logo La Tribune Dimanche
  • Politique
  • Dans le monde
  • Dimanche eco
  • Culture et tendances
  • Opinions
  • Société
  • Planète
  • Sports
Logo La Tribune Dimanche
  • Politique
  • Dans le monde
  • Dimanche eco
  • Culture et tendances
  • Opinions
  • Société
  • Planète
  • Sports

Sélectionnez votre région

Logo La Tribune Dimanche

RECHERCHER

Loupe

LT
La Tribune
Ouvrir dans une nouvelle fenêtre

À la unePolitiqueDans le mondeDimanche eco
  • Cinéma & écrans
  • Mode & luxe
  • Livres
  • Musique
  • Gastronomie & sorties
  • Régions
OpinionsSociétéPlanèteSports
Kiosque numériqueNewsletters
La TribuneLa Tribune AfriqueAir&Cosmos
Événements
La Tribune DimancheOpinions

OPINION. « La France qui travaille ne s’en sort plus »par Jean-Luc Ginder, économiste et essayiste

Jean-Luc Ginder, économiste et essayiste

Publié le 15 mai 2026 à 09:58

Jean-Luc Ginder est économiste et essayiste.

Jean-Luc Ginder est économiste et essayiste.

DR

La Tribune Dimanche

N143 ● 28 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
LireS'abonner

Les plus lus

  • 1

    Arrêt des frégates F126 en Allemagne : Thales boit aussi la tasse

  • 2

    Or : après avoir racheté des mines, le Burkina Faso face au défi de leur financement

  • 3

    La découverte inattendue des scientifiques face aux déchets radioactifs au fond de l'océan

  • 4

    Stéphane Bern : « J’aimais ma mère comme on aime son bourreau »

  • 5

    Raccordement des renouvelables : la publication d'une carte des zones saturées inquiète la filière

  • 6

    WhatsApp : pourquoi l'Inde s'oppose au remplacement des numéros de téléphone par des pseudos

Régions

  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne-Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur

La Tribune +

  • Espace abonné
  • Kiosque numérique
  • Annonces légales
  • Déposer vos annonces légales

Services

  • Supplément
  • La Tribune now

Evénements

  • ACT50
  • Aéroforum
  • AIM
  • Bordeaux Solar Summit
  • Family & Business Forum
  • Forum Europe Afrique
  • Impacts Santé
  • Les Lauréates
  • Paris Air Forum
  • Sommet Aéronautique & Spatial de Bordeaux
  • Sommet Économique de la Corse
  • Tech For Future
  • World News Media Congress
  • Tous nos événements en régions

Pour gérer vos consentements,

Suivez-nous sur les réseaux sociaux

LinkedIn
Facebook
Instagram
WhatsApp
X

Application mobile

App Store
Google Play

  • Nous Contacter
  • Charte d'indépendance et de déontologie
  • Mentions Légales
  • CGU
  • CGU Pro
  • Gestion des cookies
  • Exercez vos droits
  • Politique de confidentialité

Droits de reproduction et de diffusion réservés @LaTribune

Partenaire digital de confiance - Certification de qualité
  • La Tribune
  • La Tribune Dimanche
  • La Tribune Afrique
  • Air&Cosmos
  • |
  • Événements
  • L'instant Sélection
Google icon
Ajouter La Tribune à vos sources préféréesAjouter La Tribune à vos sources préférées
Le travail rémunère de moins en moins, tel est le constat de nombreux politiques et des économistes. Jean-Luc Ginder analyse cette situation et met en garde contre un risque de colère sociale.

La France vit une fracture silencieuse dont les conséquences pourraient devenir considérables. Le pays affiche des records d’emploi, mais aussi des records de pauvreté. Ce paradoxe bouleverse profondément le contrat social français.

Pendant des décennies, le travail représentait une promesse : celle de vivre dignement, de progresser, d’offrir une vie meilleure à ses enfants. Aujourd’hui, cette promesse vacille. En 2025, près de 69 % des Français âgés de 15 à 64 ans occupent un emploi, un niveau historiquement élevé. Pourtant, 9,8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté fixé à 1 288 euros par mois pour une personne seule, et le taux de pauvreté atteint désormais 15,4 %, un record depuis le début des statistiques modernes de l’Insee.

A LIRE AUSSI

RSA : Pourquoi les travailleurs et les diplômés sont les premiers à ne pas demander ce à quoi ils ont droit

La France découvre brutalement qu’il est désormais possible de travailler toute l’année sans parvenir à vivre sereinement. Derrière les statistiques se cache une réalité quotidienne de plus en plus lourde : inflation alimentaire supérieure à 20 % sur certains produits depuis 2021, hausse continue des loyers, explosion des coûts de l’énergie et des assurances. Les Français ne vivent plus dans l’insouciance ; ils arbitrent désormais en permanence entre l’essentiel et le nécessaire.

8,3 % des personnes ayant un emploi sont désormais considérées comme des « travailleurs pauvres ».

Cette fragilisation économique produit des effets politiques et démocratiques majeurs. Une partie croissante de la population a le sentiment que les élites ne comprennent plus la réalité du pays. Deux France semblent désormais se faire face sans se parler : celle qui raisonne en indicateurs économiques, croissance et réformes structurelles ; et celle qui regarde son compte bancaire avant de remplir son réfrigérateur. Cette rupture nourrit une défiance massive envers les institutions, les partis traditionnels et les responsables politiques. Les chiffres confirment l’ampleur du malaise : 8,3 % des personnes ayant un emploi sont désormais considérées comme des « travailleurs pauvres », contre 7,3 % seulement deux ans plus tôt.

Le phénomène touche particulièrement les salariés précaires, les familles monoparentales, les indépendants et les micro-entrepreneurs, dont beaucoup survivent avec quelques centaines d’euros par mois. Lorsque les citoyens ont le sentiment que leurs efforts ne produisent plus d’amélioration concrète de leur existence, ils cherchent des réponses ailleurs. Historiquement, les populations qui souffrent économiquement et socialement ont davantage tendance à se tourner vers les extrêmes politiques, non par idéologie pure, mais par colère, lassitude et instinct de survie face à un quotidien devenu trop difficile.

Newsletter

La Tribune Dimanche

Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

Illustration de la newsletter La Tribune Dimanche

A LIRE AUSSI

Paul Magnette (PS belge) : « Les très-hauts patrimoines paient moins d'impôts que les gens qui travaillent. C'est une anomalie »

Ce phénomène est d’autant plus inquiétant qu’il dépasse désormais largement les catégories les plus pauvres. Les classes moyennes elles-mêmes éprouvent un sentiment profond de déclassement. Beaucoup de Français ont aujourd’hui le sentiment diffus mais puissant de devenir plus pauvres malgré leurs efforts. Les jeunes doutent de leur avenir, les retraités soutiennent financièrement leurs enfants, les travailleurs modestes voient chaque hausse de prix comme une menace directe contre leur équilibre.

Pendant ce temps, les inégalités continuent de se creuser : les 20 % des Français les plus riches disposent désormais de revenus 4,5 fois supérieurs aux 20 % les plus pauvres, un écart inédit depuis trente ans. La France semble glisser lentement vers une société de tension où l’inquiétude remplace progressivement l’espérance. L’Histoire française montre pourtant que les crises les plus dangereuses ne naissent pas seulement de la pauvreté matérielle, mais du sentiment d’injustice et d’abandon. Lorsqu’un peuple cesse de croire que le travail permet encore de vivre dignement et que l’avenir sera meilleur pour ses enfants, alors la colère cesse d’être uniquement sociale : elle devient morale, politique et profondément historique. 

Jean-Luc Ginder, économiste et essayiste

Sur le même sujet

Pierre Jouvet et Raphaël Glucksman à Aix-en-Provence, le 3 juillet.
Dimanche Éco

« Tout n’est pas parfait, mais nous croyons en la France  »: Aux rencontres d'Aix, les patrons tentent la « positive attitude »
Premium

Jonas Vingegaard a décroché le meilleur chrono de ce contre-la-montre par équipes.
Sports

Tour de France : un premier maillot Jonas pour Vingegaard
Premium

Donald Kettl est politologue et historien. Il est rattaché à l'Université du Maryland.
Dans le monde

Donald Kettl politologue et historien : « Que reste-t-il à commémorer alors que les États-Unis sont aussi divisés ? »
Premium

Emmanuel Grégoire dans son bureau de l’Hôtel de Ville le 03 juillet 2026.
Politique

Emmanuel Grégoire, maire de Paris : « Ceux qui nous critiquaient hier pour nos arbres hurlent aujourd’hui en disant qu’il n’y en a pas assez  »
Premium

Marine Le Pen, députée et présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national (RN), accompagnée de membres de son parti, lors d’une visite au salon VivaTech, dédié aux startups et à l’innovation, à Paris, le 19 juin 2026.
Politique

Marine Le Pen : « Nos adversaires me tueront peut-être, la balle m’attend depuis des années, mais un autre se lèvera avec nos idées »
Premium

Samuel Umtiti fait part de son ressenti sur cette Coupe du monde.
Sports

« Je vis le moment à fond » : La chronique du Mondial de Samuel Umtiti

12 sénateurs du groupe Union Centriste plaident pour une réforme fiscale.
Opinions

OPINION. « Plaidoyer pour une fiscalité plus juste et plus efficace », par Hervé Marseille et onze sénateurs du groupe Union Centriste

Le chef étoilé Bertrand Grebaut pose dans l'un de ses restaurants.
Gastronomie & Sorties

Bertrand Grébaut : la disparition d’un grand de la cuisine