Courses alimentaires : les Français achètent toujours moins
latribune.fr
Dans le détail, les baisses de dépenses sont plus marquées sur les produits d'entretien (-1,8 %), d'hygiène-beauté (-3,4 %), les boissons (-3,4 %) et les produits frais (-1,5 %),
Les habitudes prises lors de la flambée des prix de l'alimentaire « perdurent » même si l'inflation s'est calmée depuis, et les consommateurs « continuent à mettre moins d'articles dans leur panier » de courses, selon les données de Kantar Worldpanel publiées mercredi.
Le ralentissement de la hausse des prix n'y a rien changé. Les consommateurs restent prudents lorsqu'ils arpentent les rayons des supermarchés. Selon les données de Kantar Worldpanel publiées mercredi, « les dépenses des Français pour leurs achats du quotidien ont baissé de 0,9 % entre 2023 et 2024 », dans les supermarchés de petite et grande taille, en drive ou dans les circuits spécialisés. Une variation significative dans un marché des produits de grande consommation valorisé à 120 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel.
Dans le détail, les baisses de dépenses sont plus marquées sur les produits d'entretien (-1,8 %), d'hygiène-beauté (-3,4 %), les boissons (-3,4 %) et les produits frais (-1,5 %), selon ces mêmes données. « Les niveaux de prix restant supérieurs à ceux de 2022, les consommateurs ne perçoivent pas la déflation en cours depuis juin », analyse Kantar Worldpanel.
« Il n'y a pas un effondrement mais pas non plus la reprise de consommation qui aurait pu être attendue compte tenu de la déflation des prix observée depuis cet été », ajoute auprès de l'AFP Gaëlle Le Floch, Strategic Insight Director pour Kantar. Les habitudes prises pendant le Covid-19 et la période d'inflation - passages en caisse plus fréquents avec des paniers plus petits et davantage remplis de produits à marque distributeur (MDD) - « semblent se poursuivre ».
S'y ajoutent des « angoisses autour du pouvoir d'achat et du pessimisme par rapport à l'avenir », note l'experte, évoquant une forme de « traumatisme des hausses de prix de l'alimentation », supérieur à « celui connu depuis 30 ou 40 ans ».
Les consommateurs font jouer la concurrence
Témoin d'une fragmentation des achats (les consommateurs fréquentent davantage d'enseignes qu'auparavant), la « très bonne année » des circuits spécialisés qui concurrencent les supermarchés généralistes. Soit côté très bas prix, avec des enseignes comme Action, soit côté offre premium de produits frais, avec des chaînes comme Grand Frais. La plateforme low cost chinoise Shein est par ailleurs devenue l'enseigne de mode « où les Français ont le plus dépensé en 2024 », selon une étude publiée lundi par l'application de shopping Joko, qui s'appuie sur les données bancaires anonymisées de 700 000 personnes. Shein détrône ainsi Vinted et devance Kiabi, Intersport et Zara, suivis de Veepee, Zalando, Primark, H&M et Gémo.
Par ailleurs les industriels de l'agroalimentaire, malgré la baisse des prix des certaines matières premières, continuent de demander des augmentations de leurs tarifs, parfois importantes, en faisant valoir une hausse globale de leurs coûts de production. « De très grandes marques (...) sont venues avec des hausses de tarifs de l'ordre de 6 à 7 voire 8% », a notamment déploré début juillet Thierry Cotillard. À quoi Mondelez, géant américain qui commercialise les marques LU, Milka, Belin et Côte d'Or, a répondu n'avoir toujours « pas répercuté toutes les augmentations de coûts subies » depuis 2022, ce qui « impacte significativement (sa) profitabilité en France ».
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Kantar observe aussi que « la fracture se confirme en termes de classes sociales et de pouvoir d'achat », notant que « 20 % des foyers ont du mal à boucler les fins de mois ». Parmi les consommateurs dont les achats ont le plus reculé, l'institut cite « les ouvriers, les agriculteurs, les professions intermédiaires et les familles avec enfants ».