Un début d’année funeste pour l’emploi

La Façade d'un magasin pour enfant Okaïdi.
LTD / Valérie Dubois / Hans Lucas via Reuters Connect

La Façade d'un magasin pour enfant Okaïdi.
LTD / Valérie Dubois / Hans Lucas via Reuters Connect
Sommes-nous devant les prémices d’un raz de marée social en 2026 pour l’économie tricolore ? Depuis le début du mois de janvier, l’emploi en France a enregistré plusieurs mauvaises nouvelles, et ce dans tous les secteurs.
Tout d’abord, et sans surprise, dans l’industrie. L’équipementier automobile Bosch a annoncé sa volonté de fermer son usine dans l’Allier, qui abrite actuellement quelque 270 emplois. Dans le même temps, l’industriel allemand compte supprimer une quarantaine de postes sur son site de Vénissieux (métropole de Lyon). Mais il n’est pas le seul sous-traitant à procéder à des ajustements en réponse à la crise automobile.
Le groupe Lisi a dévoilé ces derniers jours son intention de fermer son usine de Puiseux-Pontoise (Val-d’Oise), consacrée à la production de fixations en plastique et en métal. Aussi présent dans l’aéronautique, Lisi va délocaliser cette activité automobile en Allemagne et au Maroc notamment, entraînant la suppression de 135 emplois en France.
De même, les difficultés rencontrées par le spécialiste des arts de la table Arc, dans le nord de la France, actuellement en redressement judiciaire, pourraient amener à la suppression de plusieurs centaines de postes dans les prochaines semaines. Sans compter la présentation à venir d’un plan d’économies de plusieurs centaines de millions d’euros par le groupe de petit électroménager SEB, avec certainement des réductions d’effectifs à la clé.
Cette mauvaise dynamique dans l’industrie est aussi présente dans le commerce, et particulièrement le secteur de l’habillement. Le groupe Ïdkids, notamment propriétaire de la marque de vêtements pour enfant Okaïdi, a demandé la semaine passée son placement en redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Lille. Cette marque, confrontée à une forte concurrence asiatique, emploie pas moins de 2000 collaborateurs en France dans 335 magasins.
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Dans le même secteur, l’enseigne de décoration Bouchara, qui dénombre près de 550 salariés en CDI dans 52 points de vente, est aussi en redressement judiciaire depuis peu et cherche un repreneur. Enfin, dans les services, Capgemini envisage « jusqu’à 2400 suppressions de postes » dans le pays au travers surtout de reclassements internes et de départs volontaires, en réponse au ralentissement de son activité en France. De même, la Société générale a annoncé la suppression de 1800 postes en France d’ici à fin 2027. Pour ces deux derniers plans, la numérisation croissante des activités est mise en avant pour justifier ces coupes sociales.
Ce début d’année 2026 compliqué pour l’emploi en France s’inscrit de plus dans la continuité d’une année 2025 marquée la montée du chômage, à en croire les derniers chiffres de France Travail dévoilés jeudi 29 janvier. La structure a indiqué que le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité a augmenté de 6,8 % sur un an. Mais ce chiffre est à manier avec prudence en raison d’une réforme statistique. Sans cette modification, la hausse du nombre de demandeurs d’emploi tombe à 1,7 % sur les douze derniers mois.
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Néanmoins « une forte dégradation » apparaît au quatrième trimestre 2025 avec une croissance de 2 % par rapport au troisième trimestre, toujours en isolant les effets de la réforme statistique. Devant de telles données, une dégradation de ces chiffres semble inévitable dans les premiers mois de 2026, à en croire les représentants d’entreprises. « Une incertitude économique croît au sein des dirigeants ; les investissements et les embauches sont presque à l’arrêt, et cela est très préoccupant », témoigne Virginie Calmels, présidente du mouvement CroissancePlus, qui porte la voix de sociétés qui sont pourtant dans de bonnes dynamiques économiques. Face à ces nombreux voyants qui basculent dans le rouge, la seule éclaircie semble venir de l’Insee, qui a annoncé vendredi 30 janvier que la croissance du PIB de la France avait atteint 0,9 % en 2025.