Pourquoi Amazon et UPS suppriment encore des dizaines de milliers d'emplois

Amazon a annoncé la suppression de 16 000 postes ce 28 janvier, après une précédente annonce de 14 000 en octobre (photo d'illustration).
JN/ - REUTERS - Jon Nazca

Amazon a annoncé la suppression de 16 000 postes ce 28 janvier, après une précédente annonce de 14 000 en octobre (photo d'illustration).
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Amazon taille encore dans ses effectifs. Le géant américain a annoncé ce mercredi la suppression de 16 000 emplois dans le monde, sans précision pour le moment sur la nature des fonctions concernées. Une nouvelle vague de licenciements trois mois seulement après une précédente de 14 000 postes fin octobre. À cette époque, l’entreprise avait pourtant réfuté des informations de presse qui faisaient déjà état de 30 000 emplois sur la sellette, sur plus de 1,5 million à fin 2024. Un chiffre désormais officiellement atteint.
Le géant de la tech n’est pas le seul à réduire son nombre d’employés. UPS, acteur emblématique du secteur de la livraison, a annoncé la veille la suppression de 30 000 postes en 2026, après déjà 48 000 l’année précédente – sur un total de 490 000 salariés à fin 2024. Objectif de cette nouvelle coupe : 3 milliards de dollars d’économies, après quasiment autant en 2025 (3,5 milliards de dollars).
Ces suppressions de personnel ne sont pas à chercher du côté des résultats, particulièrement pour Amazon qui a dégagé 21,2 milliards de dollars (17,7 milliards d’euros) de bénéfice net (+39 % sur un an) au troisième trimestre de son exercice décalé de 2025, et 180,2 milliards de dollars (150,6 milliards d’euros) de chiffre d’affaires (+13 %).
Les raisons sont en fait d’ordre organisationnel. « Comme je l'ai indiqué en octobre, nous avons travaillé à renforcer notre organisation en réduisant les strates, en accroissant la responsabilisation et en supprimant la bureaucratie », a indiqué ce mercredi Beth Galetti, vice-présidente d’Amazon chargée des ressources humaines et de la technologie, dans un message envoyé aux employés du groupe et consulté par l’AFP.
Les deux entreprises ont une ambition identique : stopper la course au volume initiée depuis la pandémie de Covid-19. Pour répondre à la forte demande, Amazon comme UPS avaient embauché à tour de bras, augmentant de facto leurs charges salariales. Quand une certaine normalité est revenue et a commencé à peser sur leur activité, chacun s’est lancé dans une chasse aux coûts qui a pris la forme de (colossales) vagues de licenciements : 27 000 à l’hiver 2022-2023 pour le premier, 14 000 sur l’année 2023 chez le second. Et qui se poursuivent aujourd’hui.
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Amazon et UPS n’entendent toutefois pas se restructurer de la même manière. Le géant de la tech se sépare plutôt de « cols blancs ». Son objectif est de réduire « la bureaucratie, en supprimant des niveaux (hiérarchiques) et en réaffectant des ressources », expliquait-il à l’automne dernier.
Du côté du géant de la livraison, ce sont des postes opérationnels qui sont touchés, en raison d’un recul des volumes traités enclenché en 2025. Une baisse liée à la révision de son contrat avec… Amazon. Ce dernier représentait quasiment 12 % des revenus d'UPS, un niveau considéré comme trop élevé par l’entreprise de livraison. « Il était temps de prendre du recul et de réévaluer notre relation. Parce que si nous n'agissons pas, les rendements seront probablement décroissants », avait justifié la directrice générale d'UPS, Carol Tomé, début 2025.
En se détournant d’une partie des colis Amazon, UPS se libère du traitement de volumes peu rentables. Une activité jugée « particulièrement dilutive » pour ses marges, selon sa PDG. Cette stratégie avait d’ailleurs été opérée par son homologue Fedex en 2019, qui n’avait pas renouvelé le contrat le liant à Amazon afin d'élargir sa base de clientèle dans le secteur du commerce en ligne.
L’intelligence artificielle (IA) n’est pas non plus pour rien dans les ajustements opérés chez Amazon et UPS. L’automatisation de certaines tâches qu’elle permet réduit les besoins en main-d’œuvre. Et rien que sur l’année 2025, UPS a automatisé une trentaine de ses sites – et en a fermé en parallèle près de 200.
Et ce n’est que le début. L’IA « va changer la manière dont nous faisons notre travail », a prévenu en juin le directeur général d’Amazon, Andy Jassy. Et d’ajouter : « Nous aurons besoin de moins de monde dans certains postes, et plus de monde dans d'autres. C'est difficile d'anticiper le résultat final sur l'emploi, mais nous nous attendons à ce que nos effectifs baissent dans les prochaines années ».
Amazon veut, en outre, flécher davantage ses investissements sur l’IA. À l’instar des autres acteurs de la tech, il veut prendre sa part du gâteau de la (r)évolution amenée par cette nouvelle technologie. Il a ainsi annoncé courant décembre qu'il allait investir plus de 35 milliards de dollars en Inde, notamment sur les technologies IA. Et, là aussi, ce n’est que le début.