Un 49.3 ou des ordonnances pour faire adopter le budget ? Au pied du mur, le Premier ministre fera connaître son choix lundi 19 janvier.« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur. » Mardi, François Hollande et Sébastien Lecornu se sont croisés lors de la soirée organisée au Grand Palais à Paris par Le Figaro à l’occasion du bicentenaire du quotidien, qui affiche à sa une la célèbre citation de Beaumarchais. Les deux hommes en profitent pour avoir un aparté ; le député de la Corrèze tient à mettre en garde le Premier ministre.
Si ce dernier a recours aux ordonnances pour faire adopter le projet de budget pour 2026, comme la presse l’évoque, il tombera, car les députés socialistes ne pourront pas accepter un tel coup de force contre le Parlement.
L’ex-chef de l’État lui rappelle ce qu’il ne cesse de plaider depuis des semaines : pour s’en sortir, le locataire de Matignon n’a pas d’autre solution que de faire usage du 49.3 après avoir préalablement négocié avec le PS un accord de non-censure. « Feindre d’ignorer ce qu’on sait, de savoir tout ce que l’on ignore […] : voilà toute la politique », fait dire aussi Beaumarchais à un de ses personnages dans Le Mariage de Figaro. Durant leur échange, François Hollande sent Sébastien Lecornu plutôt fuyant…
Alors que les débats budgétaires viennent de reprendre à l’Assemblée nationale, ce dernier sait en effet qu’il se trouve désormais au pied du mur. Si depuis sa nomination il a multiplié les négociations afin de tenter de parvenir à faire voter le projet de loi de finances (PLF), il a acté au cœur de cet hiver qu’elles ne seraient pas couronnées de succès. Jeudi 15 janvier, l’exécutif a ainsi entériné cet échec en interrompant les discussions sur le texte dans l’hémicycle de l’Assemblée. Vendredi, Sébastien Lecornu a présenté lors d’une allocution sur le perron de Matignon les grands arbitrages du budget qu’il a arrêtés.